LE MONDE DES CHAMPIGNONS

1/ Ni plantes ni animaux

Les champignons sont traditionnellement considérés comme des plantes, même si l’on admet souvent que ce sont des plantes un peu particulières. Pourtant les scientifiques savent depuis le début les années 1970, avec le développement des analyses permettant de comparer entre eux de courts morceaux d’ADN provenant d’organismes différents, que les champignons n’ont rien à voir avec les plantes. Le monde vivants doit désormais être scindé en cinq règnes avec, à son sommet, les règnes bien distincts des plantes, des animaux et des champignons.

  • Les procaryotes : parfois appelés monères ne possèdent pas de noyau individualisé : leur unique chromosome, circulaire est simplement pelotonné à l’intérieur de la cellule. Ils répondent au vaste ensemble des bactéries qui sont présentes à la surface de la Terre depuis plus de 3 milliards d’années.
  • Les eucaryotes : dont font partie les champignons qui regroupent les organismes dont les cellules présentent un noyau bien différentié contenant le matériel génétique, c’est-à-dire les chromosomes. Les premières cellules eucaryotes semblent être apparues il y a un milliard d’années. Les protistes  sont des eucaryotes très primitifs qui englobent des organismes divers comme les diatomées (proche de certaines algues), les protozoaires (proches des animaux) ou encore les myxomycètes et les oomycètes, qui ont longtemps été considérés comme des champignons.

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2/ Qu’est ce qu’un champignon

Les champignons sont des organismes qui ont en commun sept caractères fondamentaux :

  • Ce sont des Eucaryotes
  • Ils forment un mycélium : leur appareil végétatif est formé de filaments diffus, tubulaires et ramifiés, le mycélium.
  • Ils sont hétérotrophes : comme ils ne possèdent pas de pigment vert des végétaux (la chlorophylle) ils sont capables de produire leur propre matière organique et sont donc obligés de puiser leur nourriture dans de la matière organique préformée.
  • Ils sont absorbotrophes : ils n’ingèrent pas cette matière organique de la même façon que les animaux : leurs cellules n’étant pas capables de l’ingurgiter, seules de très petites molécules pénètrent à travers leur membrane cellulaire.
  • Ils se reproduisent par l’intermédiaire de spores : Contrairement à la graine d’un végétal supérieur, comme le gland d’un chêne par exemple, il faut dans des conditions normales, deux spores pour reproduire un mycélium capable de former des champignons à la surface du sol.
  • Les spores sont immobiles : elles ne peuvent pas se déplacer car elles ne possèdent pas de flagelle (sauf chez les chytridiomycètes).
  • La paroi des cellules est formée de chitine : c’est une molécule que l’on retrouve aussi dans la carapace (l’exosquelette) des arthropodes (insectes, araignées, etc.) les parois des cellules végétales sont, quant à elles formées de molécules tout à fait différentes (pectine et cellulose).

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Ce mycélium, apparaissant sous forme de filaments blancs, rampe entre le sol et un gros bout de bois pourri.

3/ Les vrais champignons

Le règne fongique renferme aujourd’hui quatre grands groupes définis par la structure de leur mycélium et par le mode de formation de leurs spores.

  • Les basidiomycètes : Chez les champignons appartenant à ce groupe, les spores sont formées à l’extérieur de cellules microscopiques situées sur les lames, dans les tubes ou dans les aiguillons. Ces cellules, appelées basides, forment une mince couche fertile que les mycologues nomment « hyménium ». Parfois l’hyménium tapisse une surface totalement lisse, comme chez la stérée pourpre. Parmi les basidiomycètes, on trouve également certains champignons parasités bien connus des agriculteurs et jardiniers.
  • Les ascomycètes : Les spores sont cette fois formées à l’intérieur de cellules en forme de sac, nommées asques, qui s’ouvrent ou se déchirent à maturité pour libérer les spores adultes.
  • Les zygomycètes : ce sont des champignons microscopiques. Ils sont très important car ils forment en association avec de nombreux arbres, des mycorhizes particulières.
  • Les chytridiomycètes : ce sont les seuls organismes à spores flagellées (un seul flagelle) encore intégrés dans les champignons. Ce sont pour leur grande majorité, des parasites de végétaux supérieurs.

 

 

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4/ Les « faux » champignons

Certains groupes traditionnellement étudiés par des mycologues ne possèdent pas l’ensemble des caractères déterminants énumérés précédemment. Ils ne sont donc plus aujourd’hui considérés comme des champignons. Il s’agit des myxomycètes et des oomycètes.

  • Les myxomycètes : lorsqu’ils ne sont pas entrain de former leurs spores ils se présentent comme une masse gélatineuse de forme et de couleur variées suivant les espèces, nommée plasmode. Celui-ci à la particularité de ce déplacer sur le substrat, à la recherche de matière organique qu’il ingère par phagocytose, à la manière des bactéries : son corps élastique et flexible émet des prolongations sous forme de bras qui vont enserrer, puis digérer les particules organiques vivantes ou mortes.
  • Les oomycètes : Ils possèdent des spores à deux flagelles, cette particularité les oblige à ne se reproduire que lorsque l’humidité est suffisante pour que les spores mobiles puissent nager sans difficulté. De plus la paroi de leurs cellules est composées des mêmes molécules que celles des plantes, et l’on pense que ces « faux champignons » sont en fait très proches de certaines algues brunes. Le mildiou de la vigne (plasmopara viticola) est un oomycète : la dissémination de ses spores nageuses est favorisée par l’humidité, ce qui explique que les viticulteurs redoutent les années pluvieuses.

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Date de dernière mise à jour : 05/12/2018