Abies sibirica – Sapin de Sibérie

Abies sibirica – Sapin de Sibérie

Abies sibirica

Description de cette image, également commentée ci-après

Abies sibirica à l'arboretum de Rogów (Pologne)

Classification

Règne

Plantae

Division

Pinophyta

Classe

Pinopsida

Ordre

Pinales

Famille

Pinaceae

Sous-famille

Abietoideae

Genre

Abies

 

Nom binominal

Abies sibirica
Ledeb., 1833

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le sapin de Sibérie (Abies sibirica) est une espèce de conifère sempervirent originaire de la taïga de l'est de la Volga à l'Oural et au sud de la latitude Nord 67°40' de la Sibérie, jusque dans le Djoungar Alataou, le nord-est du Xinjiang, dans certaines zones montagneuses de la Mongolie et le Heilongjiang au nord de la Chine. C'est l'espèce de sapin la plus répandue en Russie.

Distribution

Le sapin de Sibérie croît dans les régions boréales et montagneuses ou les bassins au sol humide, à une altitude comprise entre 1 900 mètres et 2 400 mètres. Il apprécie l'ombre et il est extrêmement résistant au froid à des températures atteignant -50 °C. Il croît lentement au début et dépasse rarement deux cents ans d'âge, car il est exposé aux maladies fongiques.

Description

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3a/Ostraya.JPG/220px-Ostraya.JPG

Sapins de Sibérie aux monts Vessiolye (monts Joyeux) dans l'Oural

Le sapin de Sibérie peut atteindre 35 mètres de hauteur, avec un tronc cylindrique de 0,5 à 1 mètre de diamètre, des branches horizontales démarrant presque au sol et une couronne conique, ce qui lui donne une allure légèrement pyramidale. Son écorce glabre varie du vert de gris au brun-grisé avec des traces légères de résine typiques des sapins. Cependant le sapin de Sibérie est peu résineux. Ses bourgeons sont presque ronds au bout légèrement conique. Ses aiguilles mesurent de 2 à 3 centimètres de longueur et 1,5 centimètre de largeur. Elles sont de couleur vert-clair au-dessus avec au-dessous deux bandes grisées ou blanchâtres de 3 ou 4 rangs de stomates. Elles sont douces, aplaties et aromatiques. Ses pignes sont de forme cylindrique de 5 à 9,5 centimètres de longueur et de 25 à 35 millimètres de largeur avec de petites bractées. Elles brunissent au fur et à mesure de leur mûrissement et deviennent marron foncé à l'automne. Ses graines de 7 millimètres sont en forme de lance. Il fleurit au mois de mai avec des inflorescences jaunâtres.

Sous-espèces

Il existe deux sous-espèces:

  • Abies sibirica var. sibirica, comme décrite ci-dessus
  • Abies sibirica var. semenovii (B.Fedtsch.) Farjon, endémique de Kirghizie.

    Des cultivars ont été obtenus avec différentes variétés: AlbaElegans (aiguilles argentées), GlaucaVariegata.

Exploitation

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Détail du branchage

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4d/Flowering_Siberian_fir._Eastern_Siberia.jpg/220px-Flowering_Siberian_fir._Eastern_Siberia.jpg

Floraison de sapin de Sibérie. Sibérie orientalel

Les huiles essentielles que l'on extrait des aiguilles sont utilisées en aromathérapie et en parfums. Son bois doux et léger est exploité pour la pâte à papier, la charpenterie (contreplaqué), la charpenterie de marine (fabrication de mâts, de canots, etc.), la fabrication de traverses et de meubles.

Synonymes

Abies krylovii Golub; Abies pichta J.Forbes; Picea pichta (J.Forbes) Loudon; Picea sibirica Gordon; Pinus picea Pall.; Pinus pichta (J.Forbes) Fisch. ex Endl.

Sapin baumier

Ci-dessus : sapin baumier

En Europe, on constate que chaque point cardinal s’accompagne d’un arbre emblématique : à l’est le bouleau, au sud le pin, à l’ouest le chêne et au nord le sapin. Ce sont tous des arbres anthropogoniques ayant eu une importance considérable pour les différents peuples habitants ces régions. Le sapin a jouit de ce statut non seulement dans les contrées nordiques mais également dans des zones plus continentales dont l’altitude élevée est adaptée à ses besoins qui sont les suivants : de la fraîcheur, un terrain acide, beaucoup d’eau, peu de soleil, de l’ombre, du gel (c’est particulièrement vrai du sapin de Sibérie, Abies sibirica). C’est ce qu’indiquait déjà, en partie, Théophraste au IV ème siècle av. J.-C., qui est, parmi les anciens botanistes, celui qui est sans doute le plus précis dans ses observations : « Le pin, qui vient particulièrement beau et grand aux endroits bien exposés, ne vient pas du tout à l’ombre ; en revanche, le sapin très beau à l’ombre, l’est beaucoup moins en plein soleil » (1).
En tant que conifère, le sapin porte ses aiguilles toute l’année. Il fait partie de ces espèces dites semper virens, dont nombreux sont les représentants (laurier, lierre, yeuse…). Difficile de ne pas remarquer la parure verte du sapin en plein hiver. C’est très certainement pour cette raison qu’il fut associé à un certain nombre de rites marquant le retour du soleil, à proximité du solstice d’hiver. C’est ce que l’on rencontre à travers le culte rendu à Mithra, symbolisant la victoire de la lumière sur l’obscurité néanmoins nécessaire. Il est alors question de régénération, tant physique que spirituelle. Est-ce donc étonnant si le sapin a été attaché à des rites nuptiaux ? A ce titre, le sapin possède un rôle très actif. Au cœur de l’hiver, il a l’avantage d’être toujours plein de verdeur. Aussi frappait-on les autres arbres avec des branches de sapin afin de souhaiter à ceux-ci qu’ils portent de beaux fruits. On faisait de même avec les femmes, manière de viser le même but : un bel enfant. Bien d’autres usages rappellent la valeur génésique du sapin. Par exemple, en Allemagne, les jeunes époux portaient en main des branches de sapin ainsi que des bougies. Par ailleurs, les cônes dressés du sapin ne rappellent-ils pas le phallus ?
Le sapin accompagné du feu des bougies doit immanquablement vous évoquer quelques chose ^^. Des anciens rites, les chrétiens s’accommodèrent. Par exemple, Sol invictus devint peu à peu la fête de la nativité, en relation avec celle du Christ, pourvoyeur de lumière et d’espoir, aux abords de la porte solsticiale ascendante. Qu’importe que le Christ soit né dans une contrée où le sapin ne poussait pas. Il s’agissait alors, à travers l’évangélisation, de coopter l’arbre sacré local pour en faire un avatar christique. Et cela dépend bien entendu des régions. Chez mes grands-parents, où le sapin ne pousse pas, c’était une branche de pin qui était décorée le soir de Noël. Premièrement nordique (Suède, Norvège, Russie, Pologne, nord de l’Allemagne, c’est-à-dire là où il poussait originellement), le « sapin de noël » s’est déployé petit à petit à des zones plus méridionales. En France, cette coutume est apparue tardivement, si l’on en croit les sources. Le premier sapin de Noël serait apparu dans la cathédrale de Strasbourg au XVI ème siècle, alors que d’autres ne font remonter cet usage qu’au règne de Louis-Philippe, soit trois siècles plus tard. Aujourd’hui, beaucoup de « sapins « de Noël vendus en France ne sont que des épicéas, que l’on retrouve malingres et dépenaillés dès janvier sur les trottoirs, après quelques heures de gloire…
On a aussi fait, un peu, du sapin, un symbole funéraire. Mentionné ici et là comme mitoyen des cimetières (là où ailleurs on plante ifs et cyprès), le bois de cet arbre fut employé dans la fabrication de cercueils, d’où la célèbre allocution : « ça sent le sapin ! » Ce qui paraît anecdotique ne doit pas dissimuler le fait que le sapin entretient avec ses congénères abattus près de lui de très étranges relations. En effet, lorsqu’un sapin est coupé, sa souche ne meurt pas, mais se couvre « d’une mince couche de tissus vivants, sans produire aucun rejet, c’est-à-dire qu’elle cicatrise spontanément » (2). La souche fait alors bénéficier aux sapins alentours, par un processus de soudure racinaire, de son propre système racinaire. A travers cet échange, on peut donc affirmer que le sapin utilise la souche pour accroître sa propre énergie. Peut-on dire, par là, qu’il rend une forme d’hommage à son frère mis à bas ?

Si le sapin est très sensible à l’ensoleillement, il semble être également tributaire de la lune. Un arbre n’appréciant pas le soleil devait nécessairement revendiquer une accointance lunaire. C’est ce que nous expose Francis Hallé sans son excellent Plaidoyer pour l’arbre. Ce grand spécialiste des arbres nous explique qu’on a constaté des dissemblances significatives dans la qualité du bois de sapin en fonction de l’époque où il était abattu. Lorsque la coupe a lieu en lune croissante, le bois est plus lourd de 1,7 %. En revanche, lorsqu’elle a lieu en lune descendante, le bois est plus dense de 7,5 % et plus résistant à la pression de 12,6 %. Si le premier chiffre ne porte pas énormément à conséquence, on aura tout lieu de couper un sapin en lune descendante si l’on souhaite en faire du bois de chauffage ou de la charpenterie. Tout ceci semble être attribué à la manière dont se comporte l’eau à l’intérieur du tronc, à la manière des marées assujetties aux mouvements de la lune. Si cette dernière, selon sa position, est un facteur déterminant, il en est d’autres que nous avons déjà nommés et que je rappelle au besoin : l’ombre, l’humidité, l’acidité du sol, peu de soleil, l’altitude et, peut-être, la latitude.

Ci-dessous : sapin de Sibérie
Sapin de Sibérie

Les sapins en aromathérapie

Nous ne privilégierons pas qu’un seul arbre, mais plusieurs, meilleur moyen pour prendre connaissance des singularités qui animent chacun et démontrer que différentes forces agissantes sont à l’œuvre en eux. C’est pourquoi nous considérerons ici deux sortes de sapins, le sapin de Sibérie et le sapin b