Prunus armeniaca – Abricotier

(Rosaceae)

 

L’Abricotier, parfois appelé Abricotier commun (Prunus armeniaca), est un arbre fruitier appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae, cultivé pour son fruit, l'abricot.

Dans les Grandes Antilles, le terme abricot désigne le fruit d'un arbre appelé Abricotier des Antilles Mammea americana L. de la famille des Clusiacées.

L’abricotier est un petit arbre à feuilles caduques de 6 à 8 m de hauteur. Son port, d’abord sphérique, devient ensuite plus ou moins étalé. Sur le tronc son écorce foncée est d’abord lisse, puis se crevasse ensuite longitudinalement. Il aime les sols qui ne sont ni trop lourds ni trop humides.

Ses jeunes rameaux brun rougeâtre portent des yeux à bois ou des boutons à fleurs, qui peuvent être simples, doubles ou mixtes. En région parisienne, les fleurs apparaissent avant les feuilles, de fin février à fin mars. Cette floraison hâtive est souvent détruite par les gelées printanières tardives, surtout au nord de la Loire. Les fleurs sont détruites à – 2 °C. La fructification s’échelonne de début juin à début août selon les variétés.

Les formes de l’abricotier – et donc leur taille – dépendent de la région de plantation. Au sud de la Loire, les arbres sont cultivés en formes de plein vent. Au nord de la Loire, ils sont plutôt cultivés à l’abri d’un mur, en palmettes à la diable en espaliers.

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Origine

L'abricot est un fruit à noyau du genre Prunus originaire des montagnes de l'Iran oriental, du Turkestan et du nord-ouest de l'Inde où il se trouve encore.

Des abricotiers sauvages poussent dans la chaîne de montagnes des Tian shan, d'Asie centrale (Kirghizstan et Xinjiang en Chine) et dans diverses régions de Chine (Gansu, Hebei, Henan, Jiangsu, Liaoning, Nei Mongol, Ningxia, Qinghai, Shaanxi, Shandong, Shanxi, Sichuan) ainsi qu'en Corée et au Japon.

L'abricotier est cultivé en Chine depuis 2000 ans. En raison de cette culture ancienne sur de vastes zones à l'ouest et au nord du territoire chinois, il est difficile de déterminer sa distribution d'origine exacte, car on ne peut savoir quelles sont les formes vraiment sauvages et celles échappées des cultures. Yuan et al (2007) affirment que le centre de diversité de l'abricotier se trouve dans le Xinjiang car ses ressources génétiques y sont très abondantes ; par l'étude de la structure génétique de trois populations de cette province, ils identifient la zone de Kuche comme la possible zone de domestication de l'abricotier.

L'introduction de la culture de l'abricotier au Proche Orient s'est faite à travers l'Iran et l'Arménie, aux alentours du Ier siècle avant notre ère. Les Grecs puis les Romains ne prirent connaissance de l'abricotier qu'à cette époque. Inconnu du temps de Théophraste (-372, -288), ce n'est qu'au Ier siècle qu'on trouve des mentions de ce fruit dans les textes : le médecin grec Dioscoride l'appelle Mailon armeniacon « pomme d'Arménie » et Pline fait une allusion obscure à une variété portant le nom de praecocium (précoce).

La dénomination en latin scientifique d’armeniaca a été utilisée la première fois par le naturaliste suisse Gaspard Bauhin (1560-1624) (dans Pinax Theatri Botanici). La croyance en une origine arménienne fut entérinée par Carl von Linné qui baptisa l'espèce Prunus armeniaca (1753). Cette erreur s'est perpétuée en Occident jusqu'au XXe siècle. D'après De Candolle (Origine 1882), ce serait le botaniste Joseph Decaisne (1807-1882) qui serait le premier à avoir soupçonné l'origine chinoise de l'arbre. Il avait reçu des échantillons du Dr Bretschneider d'abricots sauvages « des montagnes de Pékin » : « Le fruit est petit ... sa chair est jaune rougeâtre, d'une saveur acide, mais mangeable » et d'abricots cultivés aux environs de Pékin, deux fois plus gros et semblables à nos abricots.

C'est seulement au début de notre ère qu'il aborde les rivages de la Méditerranée, quelques centaines d'années après son arrivée en Arménie, et que la culture de l'abricotier est bien établie en Syrie, Turquie, Grèce et Italie. Il fut introduit en Espagne par les Maures après 714.

Les croisés l'ont trouvé en Palestine.

Son introduction en France se serait faite par deux voies :
- d'une part en provenance d'Italie par la vallée de la Loire. Le roi
René d'Anjou (1409-1480) qui hérita du royaume de Naples en 1435 ramena d'Italie ce fruitier dans sa région natale, où il prit le nom d'« abricotier » vers 1560 ;
- d'autre part en provenance de
Catalogne par le Roussillon. On ne sait pas à quelle époque mais probablement avant le XVe siècle.
Les descendants des abricotiers de la vallée de la Loire, cultivés dans le Vaucluse et la vallée du Rhône, présentent les caractéristiques du phylum européen : une amande douce, l'auto fertilité et une faible exigence au greffage. Les descendants de la population d'abricots du Roussillon possèdent eux les caractéristiques du phylum nord-africain : une amande amère, l'
autostérilité et de fortes exigences au greffage.

Description

L'abricotier est une espèce vigoureuse : il peut atteindre plus de 6 mètres de hauteur en situation naturelle favorable. Il a tendance à avoir une forte végétation. Le tronc est à écorce craquante brun-noir. Le port peut aller d'une position érigée à une forme retombante presque pleureuse. Il a une croissance sympodiale. Il est multiplié par greffage. Enfin il est caractérisé par une floraison précoce ; ce qui le rend sensible aux gels de printemps.

Les feuilles caduques, alternes ont un limbe de forme elliptique cordiforme, pourvu de stipules, à bord crénelé denté.

Les fleurs, assez grandes, blanches ou rose pâle, apparaissent avant les feuilles. Elles sont pentamères (5 sépales et 5 pétales). Elles possèdent 25 étamines. Le gynécée est unicarpellé à ovaire infère non adhérent, contenant 2 ovules.

Le fruit de forme globuleuse est une drupe comestible à peau veloutée, de couleur jaune orangé. La chair est un parenchyme mou à maturité avec des méats. Le noyau, non adhérent à la chair, contient une amande douce ou amère selon le cas.

Développement

L'abricotier a une croissance polycyclique. La croissance du rameau est arrêtée par la mort du méristème apical, qui marque alors la fin du cycle et d'une UC (unité de croissance). Le bourgeon situé immédiatement au-dessous prend le relais et une nouvelle UC est constituée. Une à quatre UC sont produites par an selon le climat, la variété et la charge de l'arbre. Au cours des différentes formations, la longueur des UC diminue.

Il existe deux types de rameaux formés : Les rameaux courts : ils sont constitués en majorité d'organes préformés (1 seule UC) dans le bourgeon hivernal qui se déploie au printemps. On les appelle aussi bouquets de mai, leur longueur atteint en une année 1,5 à 5 cm. Certaines variétés produisent également des chiffonnes : allongement des entre-nœuds, rameau mesurant 15 à 20 cm. Les rameaux longs : ils développent de nouveaux entre-nœuds après la croissance des entre-nœuds préformés dans le bourgeon hivernal. Ils sont composés de plusieurs unités de croissance (4 UC). Ils sont mis en place tout au long de la saison de végétation par vagues successives (rythme de croissance endogène). On distingue les prolongements et les repercements.

Floraison

Les bourgeons floraux sont situés à côté ou à la place des bourgeons végétatifs, ils ne contiennent en général qu'une seule fleur. L'induction florale est réalisée au cours de l'année qui précède la floraison. Elle débute en juin et se poursuit jusqu'à la fin de l'été. La différenciation du méristème s'effectue au cours de l'été et dure jusqu'au printemps suivant. Elle ne peut s'opérer que si les réserves glucidiques atteignent un certain niveau. L'induction florale est favorisée par une surface foliaire importante, une photosynthèse active, une croissance modérée et une absence de fruits pour certaines variétés. C'est pourquoi une charge excessive en fruit entraînera une moindre charge de l'arbre l'année suivante. Les bourgeons floraux entrent en dormance progressivement au cours de l'été. Si les températures hivernales sont trop basses les pièces florales sont nécrosées et il y aura déficience de fructification.

Pollinisation

La majorité des variétés traditionnelles est autofertiles, la déhiscence des anthères se produit avant même l'ouverture de la fleur (fleur cléistogame) ; ce qui ne rend pas la présence d'abeilles indispensable. Mais actuellement, de nombreuses variétés d'origine américaine autostériles sont introduites dans les vergers français et nécessitent la présence d'une variété pollinisatrice adéquate (compatibilité et époque de floraison).

Fructification

L'abricot se développe à partir de l'ovaire. Après fécondation, l'ovaire reprend une division cellulaire et va grossir ; l'accroissement du calibre suit une courbe qualifiée de double sigmoïde. La croissance de l'ovaire est divisée en trois phases principales :

  • une croissance active pendant six semaines environ où l'endocarpe (coque du noyau) atteint quasiment sa taille finale ;
  • une croissance ralentie à partir de fin avril début mai, pendant laquelle le noyau durcit (endocarpe lignifié) et l'embryon se développe ;
  • une reprise de la croissance active deux à trois semaines avant la maturation avec accroissement de la taille des cellules (mésocarpe) et des espaces intercellulaires et accumulation de réserves.

La maturation débute une semaine avant la récolte. Le fruit cesse d'accumuler des réserves et commence à les utiliser comme source d'énergie. Cette maturation correspond au début de la phase climactérique : la respiration des fruits et les échanges gazeux augmentent de façon importante. La durée de cette période varie en fonction des variétés et des conditions climatiques.

Exigences agronomiques

Le sol

L'abricotier est tolérant vis-à-vis de la nature du sol. Cependant, il craint les argiles profondes et les terres froides et humides (asphyxie des racines). Il supporte des sols à dose élevée de calcaire actif. Il s'accommode aussi de terres caillouteuses mais il préfère les terrains légers, chauds et perméables à pH voisin de la neutralité.

Le climat

L'abricotier est un arbre de climat continental supportant des températures hivernales de –20 °C. Il craint les fluctuations thermiques précoces (risque de destruction des organes floraux et accroissement de la sensibilité aux champignons). La quantité d'eau disponible par l'arbre a une incidence directe sur la croissance de la végétation qui induit de ce fait le potentiel et la qualité de la récolte produite ainsi que sur la préparation de la future production. Par conséquent l'utilisation de l'irrigation devient un outil indispensable en culture intensive et un facteur économique important. La consommation augmente de façon régulière jusqu'à juin, se stabilise puis diminue en fin de saison. La phase critique de sensibilité à la sécheresse se situerait entre le début du durcissement du noyau (mi-mai) et la récolte. Une alimentation hydrique excessive peut favoriser le calibre des abricots aux dépens de la qualité gustative, de la fermeté, et parfois de la présentation (augmentation de la fragilité, problèmes d’éclatement…).

Culture

L’abricotier est une espèce de climat chaud, qui prospère vraiment sous climat méditerranéen, cependant il est rustique jusque dans le nord de la France et produit bien en région parisienne. Il est capable de résister à des températures allant jusqu’à - 30 °C mais il est très sensible aux froids printaniers qui peuvent contrarier la floraison (très précoce) ou la nouaison des fruits.

Multiplication

Les noyaux d’abricots peuvent être semés immédiatement après leur consommation en terrain légèrement humide. Ils germeront au début du printemps suivant.

  • Semis pour les porte-greffes et quelques variétés anciennes se reproduisant assez fidèlement (abricot Alberge, abricot de Hollande).
  • Greffage sur abricotier ou pêcher fin août, sur amandier ou prunier fin juillet.
  • Semis direct du noyau dans du sable humide.

Taille

Elle est destinée à assurer un bon équilibre entre la croissance végétative et la fructification. Les objectifs sont :

  • de constituer une structure de branches maîtresses (tronc, charpentières et sous-mères) ;
  • d’assurer une mise à fruit progressive et régulière, de belle présentation et de bon calibre ;
  • de permettre un bon renouvellement des ramifications.

La taille pratiquée actuellement en production est une taille dite « longue » (préservation du prolongement) puisqu'elle procède à l'allongement des extrémités des charpentières. Celles-ci sont étagées et laissées entières, elles comportent 1 à 2 sous-mères, les rameaux trop vigoureux sont supprimés et les branches vieillissantes ou qui s'allongent trop sont raccourcies afin de préserver le renouvellement des ramifications. Les charpentières ont ainsi une forme pyramidale bien équilibrée qui laisse pénétrer la lumière jusqu'à la base.

La taille en vert (d'été) qui consiste à sectionner les tiges trop vigoureuses permet en particulier d'améliorer l'ensoleillement des fruits et d'assurer un meilleur séchage de ceux-ci et ainsi les rend moins sensibles aux maladies de conservation.

La taille de fructification est réalisée l'été et doit permettre de choisir les rameaux qui vont porter les fruits l'année suivante (rameaux courts, brindilles ou bois d'un an) afin de réduire la charge, de produire des fruits plus gros et de limiter l'alternance. L'époque et l'importance des tailles doivent être propres à la variété.

Éclaircissage

L'opération consiste à supprimer une partie des fruits sur des rameaux en surcharge afin de limiter le phénomène d'alternance, d'obtenir des fruits de bon calibre et un bon équilibre de l'arbre. En supprimant les fruits trop proches (ou même en grappes), on augmente leur aération, les fruits sont alors moins sensibles à l’oïdium, aux attaques de forficules qui recherchent les endroits sombres et surtout aux champignons pathogènes qui provoquent des pourritures sur l’arbre et des maladies de conservation.

L'intensité d'éclaircissage est modulée selon la variété et les objectifs de production. Généralement on laisse deux fruits sur rameau court et environ un fruit tous les 5 à 6 centimètres sur les rameaux longs avec un éclaircissage plus sévère à son extrémité.

L'éclaircissage manuel offre la meilleure efficacité mais d'autres moyens sont employés et peuvent être combinés : éclaircissage à la fleur (manuel ou à l’aide d’une brosse), éclaircissage mécanique à la canne vibrante, l'utilisation de la pince à olive ou encore le sécateur. En ce qui concerne l'éclaircissage chimique, aucune matière active n'est à ce jour efficace malgré les nombreuses recherches entamées.

Maladies

Les trois principales maladies touchant l’abricotier sont dues à un virus et à des bactéries. Elles sont décrites ici par ordre d’importance économique décroissante :

  • La Sharka est causée par le Plum pox virus. Les dégâts causés sont variables, ils peuvent aller de la simple baisse de rendement à une importante déformation des fruits ainsi rendus inaptes à la commercialisation. Elle peut se transmettre lors du greffage de matériel non certifié, ou par de nombreuses espèces de pucerons vecteurs telles que le puceron vert du pêcher (Myzus persicae).
  • L’Enroulement chlorotique de l’abricotier est une maladie à phytoplasme (bactérie sans paroi). L’agent pathogène, 'Candidatus Phytoplasma prunorum', se multiplie dans les tubes criblés qu’il obstrue s’il est présent en trop grande quantité, conduisant à la mort de l’arbre par dépérissement (progressif) ou apoplexie (brutale). En hiver, il peut causer un débourrement très précoce des bourgeons (janvier ou février) avec une feuillaison anticipée. Au printemps, la croissance végétative est affaiblie (entre-nœuds courts, levée d’inhibition des bourgeons axillaires), les feuilles présentent une chlorose inter-nervaire et commencent à s’enrouler sur elles-mêmes. En été, les fruits se développent anormalement et chutent avant maturité.
  • Les dommages causés par la « Bactériose » regroupent deux maladies, le chancre bactérien causé par les bactéries Pseudomonas syringae pv. Syringae et Pseudomonas mors prunorum et les taches bactériennes causées par Xanthomonas campestris pv. pruni. Elles se traduisent par des attaques estivales sur les rameaux et sur les fruits en pénalisant la croissance de la plante et en altérant la qualité de la production. Elles pénètrent l’arbre par des blessures et profitent d’un temps froid et humide pour infecter l’arbre étant donné que ce sont des bactéries glaciogènes (autrement dit, plus il fait froid, plus elles sont actives). À la fin de l’hiver, des taches noires et huileuses sont présentes autour des bourgeons, sur les charpentières et les rameaux. Au printemps, certaines branches ne débourrent pas, d’autres émettent des pousses qui flétrissent après une croissance variable ; en été, des chancres apparaissent.

Ravageurs

L’abricotier est soumis à trois principaux ravageurs :

  • La Petite Mineuse (Anarsia lineatella) : Ce sont les chenilles qui provoquent le plus de dégâts. Elles creusent des galeries dans les jeunes pousses d’abricotier qui se recourbent et se dessèchent en laissant exsuder des gouttelettes de gomme. Une chenille peut de cette manière parasiter successivement quatre à cinq rameaux. Elles peuvent également pénétrer dans les fruits.
  • Le Forficule (Forficula auricularia L.) : Les forficules provoquent principalement des dégâts sur fruits. Ils entament l’épiderme des abricots. Ces morsures donnent des plages rongées plus ou moins étendues, souvent parsemées de déjections de l’insecte, qui sont la porte d’entrée à certains champignons responsables de maladies de conservation (Monilia, Alternaria). Les forficules fuient la lumière (lucifuges). Ils restent cachés pendant le jour dans le sol ou sous tout élément qui peut donner de l’ombre et maintenir une certaine humidité.
  • Le Puceron (Hyalopterus pruni et Myzus persicae) : Les piqûres des pucerons provoquent un recroquevillement des feuilles sous lesquelles ils s’abritent ; les jeunes pousses végètent et se déforment ; les fruits se développent mal et si les attaques sont importantes ils se dessèchent et chutent. Myzus persicae (le puceron vert du pêcher) se rencontre assez fréquemment sur abricotier et est nuisible en tant que vecteur de maladies à virus, principalement la Sharka.

Caractéristiques

  • Organes reproducteurs :
    • Type d’inflorescence : corymbe
    • répartition des sexes : hermaphrodite
    • Type de pollinisation : entomogame
    • Période de floraison : février à avril
  • Graine :
  • Habitat et répartition :
    • Habitat type : matorrals méditerranéens
    • Aire de répartition : introduit (Asie centrale)

Utilisation

L’abricotier est cultivé essentiellement pour son fruit, plus rarement pour son bois (lequel est par exemple traditionnellement employé dans la fabrication d'instruments de musique tels que le duduk ou le blul). Son amande est également consommée dans certains pays.

Le fruit peut être consommé frais mais sa saison est brève et sa conservation très courte.

Il est aussi transformé (en pâtisserie, confiture, compote, conserve - fruits au sirop) ou séché.

De son noyau, on tire des liqueurs comme le Noyau de Poissy ou l’amaretto.

C’est aussi un arbre d’ornement pour sa floraison printanière.

Principales variétés

Quelques variétés d'abricotier Prunus armeniaca  

Variété

Taille

Qualité gustative

   

PRECOCES : juin-juillet

   

Orangered

gros

fruit orange cuivré orné de plaques rouges

   

Bulida

gros

fruit à chair ferme, craint le froid (à réserver pour le sud)

   

Précoce de Saumur

moyen

fruit coloré, fondant, parfumé

   

Précoce de Boulbon

moyen à gros

fruit jaune, tacheté de rouge, parfumé

   

Ampuis
abricot de Hollande, de Breda

petit

fruit rouge du côté ensoleillé, peu juteux

   

Luizet
Suchet, du clos

gros

fruit orangé et pourpre du côté ensoleillé, ferme,
sucré-acidulé, pour climat continental

   

Polonais
orangé de Provence

gros

chair fine, fondante

   

Rouge du Roussillon

moyen

fruit ferme, fondant, sucré, pour le sud de la France

   

TARDIFS

   

Alberge de Montgamé

moyen à gros

floraison tardive; fruit jaune, chair très fine, peu juteuse

   

Poman rosé
Blanc rosé

 

fin juillet; ancienne variété de la région d'Apt,
pour la fabrication de fruits confits

   

Bergeron

gros

fruit jaune safran, coloré de rouge

   

Pêche de Nancy

gros

fruit orangé, chair presque jaune, tendre

   

Royal (du Luxembourg)

gros

fruit jaune pâle, piqueté de rouge, fondant

   

Sucré de Holub

 

fruit jaune pâle, chair très fine, fondante

   

Harogem

 

fruit orangé, chair ferme

   
 

Production

Dans le monde

La production mondiale d'abricots a été d'environ 2,6 millions de tonnes en 2004. Un tiers de cette production provient de l'Europe et un tiers en provenance du Proche-Orient. La Turquie est le premier producteur mondial avec 16 % du volume total. La majorité de cette récolte est destinée au séchage, marché sur lequel ce pays a le quasi-monopole. Viennent ensuite l’Iran, l’Italie et enfin la France avec environ 160 000 tonnes produites en 2004.

En Europe

  • En Espagne, la production d’abricot est concentrée sur la façade méditerranéenne dans les zones de Valence et de Murcie, même s’il existe une petite production en Aragon mais aussi dans le centre. Valence est une zone de production précoce dont les produits sont majoritairement destinés au marché du frais et à l’exportation. Les accidents climatiques à répétition, quelques problèmes sanitaires et le faible taux de rénovation de ce verger en font une zone en déclin pour ce produit.
  • En Grèce, la production d’abricots est plutôt concentrée en Crète, en Thessalie et dans le Péloponnèse. Les vergers sont traditionnels et la variété Bébéco y est très majoritaire, notamment grâce au fait qu’elle est aussi bien adaptée au marché du frais que de l’industrie. Ces dernières années, la production grecque a fortement oscillé entre son optimum et des niveaux de production faibles à cause de problèmes climatiques.
  • La production italienne d’abricots se situe principalement dans le Sud, dans les zones de Campanie, de Basilicate et de Calabre. Dans le Nord on retrouve également une production traditionnelle en Émilie-Romagne, notamment dans la région de Forli et d’Imola.
  • Enfin en France, la filière arboricole a investi fortement dans les années 1990 dans l’abricotier en mettant en place de nouvelles variétés pour diversifier des exploitations trop axées sur la production de pêches et de nectarines. Malgré quelques échecs au niveau du matériel végétal, les résultats ne se sont pas fait attendre et la France est devenue un pays leader sur le marché européen.

En France

En 2013, la production française d'abricots représente 2531 exploitations agricoles d'au moins 1 hectare pour 12767 ha cultivés. Elle se concentre essentiellement dans les régions Rhône-Alpes (54 % de la surface nationale), Languedoc-Roussillon (30 %) et Provence-Alpes-Côte d'Azur (13 %)11. 36 % est commercialisé en organisation de producteurs (OP), 54 % par un intermédiaire privé, 2,5 % en vente directe, 0,8 % est vendu à des transformateurs (confituriers par exemple). 2,1 % est commercialisé en agriculture biologique. En 2016, la production française représente 12 177 ha pour 113 257 tonnes récoltées. Le rendement est assez aléatoire d'une année sur l'autre, la moyenne nationale est par exemple de 9300 kg/ha en 2016 et de 13100 kg/ha en 2017.

Les variétés cultivées sont essentiellement l'Orangé de Provence (ancienne variété des Barronnies originellement nommée polonais), le Bergeron, l'Orangered (variété créée aux États-Unis), le Bergarouge et les Abricots rouges du Roussillon (Appellation d'origine protégée comprenant 4 variétés locales : Rouge du Roussillon, Héléna du Roussillon, Gâterie et Royal du Roussillon.

Taxonomie

Classification :

 

 

Les organes de l’abricotier

La coursonne

Les coursonnes sont les petites branches issues des yeux insérés sur les rameaux de prolongement des branches charpentières de l’arbre. Elles portent la fructification.

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Les éléments stériles

Le gourmand

Ce fort rameau à bois, qui peut atteindre 2 m de longueur dans l’année, présente souvent des ramifications secondaires appelées rameaux anticipés.

En poussant, les rameaux anticipés entraînent les yeux stipulaires de chaque côté de l’œil principal.

Le gourmand ne peut être utilisé qu’en prolongement ou en doublure d’une branche charpentière dénudée.

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Le rameau à bois

Cet élément de vigueur moyenne ne porte que des yeux à bois et sert à l’établissement et au rajeunissement des couronnes.

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Les éléments fertiles

Le rameau mixte

C’est l’élément idéal, car il porte des yeux à bois et des boutons à fleur. Il assure donc à la fois la floraison et le remplacement de la couronne grâce aux yeux à bois situés à sa base.

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La branche chiffonne

Cette production de 15 à 30 cm de longueur ne porte que des boutons à fleur et un œil à bois terminal. La floraison est donc présents à la base de la chiffonne permettent son rajeunissement.

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Le bouquet de mai

Cette production très courte (de 2 à 5 cm) comporte un œil à bois entouré de 4 à 6 boutons à fleur.

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L’évolution des yeux sur les rameaux

Au débourrement, c’est-à-dire au démarrage de la végétation, les yeux évoluent différemment sur les rameaux. Certains verdissent et s’allongent, ce sont les yeux à bois, qui donneront naissance à de nouvelles pousses. Les autres se gonflent et laissent apparaître des pétales roses à leur sommet. Ce sont les boutons à fleur, qui donneront chacun une fleur unique. Les yeux à bois et les boutons à fleur peuvent se grouper en plusieurs combinaisons sur les rameaux de l’année.

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La taille de formation

Les compléments indispensables à la taille

L’éborgnage

Supprimez totalement les yeux inutiles avec votre ongle.

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L’ébourgeonnement

Supprimez les jeunes bourgeons inutiles à la formation ou mal placés : entre une charpentière et une latte de palissage par exemple.

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Le palissage

Pour palisser les jeunes pousses et les rameaux, utilisez des liens qui ne risquent pas de provoquer un étranglement tels que le raphia naturel, l’osier ou les bandes plastifiées extensibles.

Comment obtenir un scion d’abricotier

1.En juillet : écussonnage de la variété à œil dormant.

2.En février : taillez le porte-greffe en conservant 2 rameaux tire-sève.

3.En avril : les 2 rameaux tire-sève et le bourgeon issu de l’écusson se développent.

4.En mai : taillez le porte-greffe à 10-15 cm au-dessus du point de greffe et palissez le futur scion.

5.En juillet : supprimez l’onglet.

6.En septembre : la variété greffée se développe.

7.De décembre à fin mars : le scion est prêt pour sa transplantation au verger.

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Les formes de plein vent

Premier cas : le scion est vigoureux

La première année

Après avoir planté un scion vigoureux, taillez au-dessus de 3 yeux à bois, à la hauteur voulue suivant la forme désirée, pour provoquer 3 départs.

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En cours de végétation

Afin de favoriser le grossissement du tronc, conservez quelques rameaux anticipés comme tire-sève. Taillez au-dessus des yeux stipulaires et ne conservez qu’une jeune pousse. Pincez ces rameaux tire-sève à 2 ou 3 feuilles pendant l’été.

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Second cas : le scion plus faible, nécessite une reprise de flèche

La première année

Choisissez un œil opposé au bourrelet de greffe, vers les trois quarts supérieurs du scion, pour obtenir une flèche bien droite.

Taillez à 3 yeux au-dessus de l’œil choisi pour conserver un onglet sur lequel la jeune pousse sera palissée. Éborgnez ces 3 yeux. Taillez les rameaux anticipés du tronc au-dessus des yeux stipulaires entraînés et ne laissez se développer qu’une seule pousse.

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En cours de végétation

Pincez les rameaux tire-sève à 2 ou 3 feuilles dès qu’ils sont suffisamment développés.

Palissez la nouvelle flèche sur l’onglet et continuez de pincez les rameaux anticipés pendant l’été.

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La deuxième année

Supprimez l’onglet et les branches latérales sur la partie basse du tronc. Taillez les rameaux anticipés sur la nouvelle flèche au-dessus des yeux stipulaires, ne laissez qu’une jeune pousse se développer et pincez à 3 ou 4 feuilles pendant l’été. Sélectionnez 3 yeux à la hauteur désirée et taillez au-dessus pour obtenir les 3 premières branches charpentières.

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En cours de végétation

Pincez à 2 ou 3 feuilles les rameaux tire-sève se développant sur le tronc. Faites de même pour la ou les éventuelles pousses sur la portion de flèche de l’année précédente.

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La deuxième année (ou la troisième année si reprise de flèche)

Taillez les 3 branches obtenues au-dessus d’un œil extérieur à 25-30 cm de longueur environ. Les 2 derniers yeux doivent se développer de façon à donner 6 branches l’année suivante.

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La troisième année (ou la quatrième année)

Taillez les 6 branches obtenues à nouveau au-dessus d’un œil extérieur, à 25-30 cm de longueur, et les branches inférieures à 2 yeux. L’année suivante, vous aurez obtenu 12 branches charpentières : la formation de la ramure est terminée.

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Une forme palissée : la palmette à la diable

Cette forme présente des branches charpentières dispersées, palissées à environ 50 cm les unes des autres, mais sans chercher la symétrie. L’occupation de la surface du mur varie selon sa hauteur et la vigueur de la variété plantée. Les sujets sont espacés de 4 à 5 m.

La palmette à la diable permet aux jardiniers amateurs de la France septentrionale de cultiver l’abricotier devant un mur au sud-est ou au sud-ouest, enduit d’un mélange de plâtre et de chaux pour retenir la chaleur et surmonté d’un auvent. Des rideaux peuvent être tirés le soir pour protéger la floraison des gelées printanières.

Pour l’abricotier, c’est la forme palissée la plus utilisée. Les autres formes telles que le U simple ou le U double sont éventuellement possibles, mais les trop nombreuses plaies occasionnées par la taille risquent de provoquer un écoulement de gomme et l’apparition rapide de chancres sur les branches.

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La première année

  1. Après la plantation du scion, taillez à 30 cm du sol sur 2 yeux latéraux pour provoquer leur démarrage. Éborgnez les yeux de la base. En cours de végétation palissez obliquement les 2 pousses obtenues.

 

La deuxième année

  1. Taillez les deux charpentières des deux tiers pour provoquer une ramification. En cours de végétation palissez les rameaux de prolongement à mesure qu’ils se développent ainsi que ceux de la base des charpentières pour commencer à couvrir le plus de surface possible.

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La troisième année et les suivantes

Effectuez une troisième taille pour diviser à nouveau les charpentières. Taillez les rameaux anticipés des prolongements de l’année sur les yeux stipulaires entraînés pour créer des branches secondaires.

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La taille de fructification

Les branches fruitières, ou coursonnes, se forment naturellement sur un arbre de plein vent ou artificiellement sur les formes palissées par l’action de la taille de formation à partir d’un œil situé sur un rameau de prolongement ou après la taille d’un rameau anticipé.

Les formes de plein vent.

Sur les arbres de plein vent, la taille de fructification est surtout une taille d’éclaircissage de la ramure et une taille de rajeunissement des branches ayant fructifié. Intervenez périodiquement tous les 3 ou 4 ans, pour maintenir une bonne production, un bon équilibre de la végétation et de la forme, et pour garder suffisamment de ramifications dans la partie intérieure des branches charpentières.

Attention si vous élaguez trop sévèrement, votre arbre pousse à bois, en produisant de nombreux gourmands et rameaux à bois. Les plaies de taille trop importantes entraînent des écoulements de gomme, l’apparition de chancres et la mort des branches trop sévèrement taillées.

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Les formes palissées : la palmette à la diable

Sur les formes palissées, le but de la taille est d’assurer la fructification de l’année et d’obtenir des remplacements les plus proches possibles de la branche charpentière. Maintenez les coursonnes dans l’espace qui leur est réservé en pratiquant une taille de fructification rigoureuse, complétée par des opérations d’été.

 

Le rajeunissement d’une branche fructifère sur une palmette à la diable.

Taillez le rameau à bois à 2 yeux. Les 2 yeux conservés donneront naissance à 2 rameaux mixtes, qui permettront le rajeunissement de la ramure et le rapprochement de la fructification de la branche charpentière. Supprimez les autres rameaux.

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Quelques cas de taille sur la palmette à la diable

La taille des coursonnes jeunes

  1. Un rameau à bois : Taillez au-dessus de 4 ou 5 yeux. Vous obtiendrez des rameaux à bois ou mixtes vers l’extrémité et la formation de branches chiffonnes ou de bouquets de mai vers la base, qui assureront la fructification.

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  1. Un gourmand : Taillez le gourmand à 2 yeux à la base pour diviser la sève. L’année suivante, opérez comme dans le cas précédent sur les rameaux à bois obtenus.

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  1. Un rameau mixte : Taillez au-dessus de 5 ou 6 groupes de boutons à fleur en laissant un œil à bois tire-sève à l’extrémité du rameau. Les yeux de la base assureront le remplacement de l’année suivante.

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  1. Une branche chiffonne : Laissez-la intacte, sauf si elle est trop longue. Taillez alors au-dessus de 5 ou 6 groupes de boutions à fleur. Sur l’abricotier, un repercement est possible à la base, grâce au démarrage d’un œil latent, ce qui peut assurer le remplacement de la chiffonne par un nouveau rameau.

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  1. Un bouquet de mai : Si la charpente porte directement un bouquet de mai, conservez-le.

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La taille des coursonnes plus âgées

  1. Deux ou trois rameaux à bois : C’est la conséquence d’une taille trop courte. Supprimez les rameaux supérieurs, conservez le rameau le plus près de la branche charpentière et taillez-le à 4 ou 5 yeux.

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  1. Deux rameaux mixtes et deux bouquets de mai : Supprimez les 2 rameaux mixtes et conservez les 2 bouquets de mai.

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  1. Quatre ou cinq bouquets de mai : Conservez en moyenne 3 bouquets de mai par coursonne.

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  1. Deux rameaux mixtes, une chiffonne et un bouquet de mai : Supprimez les rameaux mixtes et conservez le bouquet de mai et la chiffonne en la limitant à 5 ou 6 groupes de boutons à fleurs si elle est trop longue.

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  1. Deux branches chiffonnes : Taillez au-dessus de la première chiffonne.

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Les opérations d’été

Sur les formes palissées, la taille de fructification doit être obligatoirement suivie en cours de végétation par des opérations complémentaires.

  1. Les ébourgeonnements : Commencez fin avril-début mai, afin de supprimer sur les coursonnes toutes les pousses inutiles. Ne conservez que le ou les 2 bourgeons de remplacement situés à la base de la coursonne, les bourgeons d’accompagnement des fruits et le bourgeon tire sève à l’extrémité de la coursonne.
  2. Les pincements : Pincez les bourgeons d’accompagnement des fruits à 3 ou 4 feuilles et le tire-sève, à l’extrémité de la coursonne, à 4 ou 6 feuilles.
  3. Le palissage en vert : Il est indispensable sur les arbres palissés pour garder les branches aux emplacements bien définis. Le palissage améliore aussi l’aération et l’ensoleillement du feuillage et des fruits.
  4. L’éclaircissage des fruits : Certaines années les palmettes sont trop chargées en fruits. N’hésitez pas à en supprimer en pratiquant un éclaircissage. Ne conservez qu’un seul fruit par groupe de 2 à 3 fruits par coursonne, afin qu’ils puissent grossir sans se gêner. Opérez dès que la chute physiologique des fruits (sélection naturelle de ceux qui sont mal formés et mal fécondés) est achevée, et quand les fruits restants atteignent la grosseur d’une noix.

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La taille d’été ou de récolte

Supprimez les rameaux ayant fructifié aussitôt la récolte effectuée, ou plus tôt si les fruits sont tombés prématurément. Ainsi les rameaux de remplacement se renforceront. Cette taille peut se pratiquer dès le printemps si la coursonne ne porte plus de fruits à la suite d’une chute physiologique ou d’un accident climatique ou parasitaire.

 

La taille de restauration

En vieillissant, les abricotiers deviennent moins vigoureux, produisent de moins en moins et leurs fruits sont de plus en plus petits. Pour atténuer cette baisse de vigueur et de productivité, profitez de ce que l’abricotier reperce facilement sur le vieux bois grâce à ses nombreux yeux latents, à condition qu’il soit suffisamment sain et relativement vigoureux. Aussi bien sur une forme de plein vent que sur une palmette à la diable, réduisez de moitié toutes les branches charpentières. La production sera très diminuée l’année de la taille, mais vous obtiendrez rapidement de nouveaux rameaux vigoureux et la fructification reprendra son rythme normal les années suivante.

 

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