Ulocladium chartarum

Introduction

L’International Mycological Association (Association internationale de mycologie) identifie, dans sa banque de données fongique, vingt-six espèces nommées faisant partie du genre Ulocladium {3971}. Par ailleurs, il y a quinze espèces nommées d’Ulocladium inscrites dans la banque de données internationale du consortium Universal Protein Resource (UniProt) et plus de vingt souches non nommées {3318}.

Les principales espèces associées à la contamination intérieure et aux effets sur la santé sont les suivantes : U. chartarum, U. atrum et U. botrytis, mais la plupart des mycètes de ce genre mentionnés dans les articles traitant d’expositions environnementales sont seulement notés comme étant des Ulocladium sp.

Taxonomie

Règne

Fungi

Famille

Pleosporaceae

Phylum

Pezizomycotina

Genre

Ulocladium

Classe

Dothideomycetes

Espèce

chartarum

Ordre

Pleosporales

 

 

L’Ulocladium chartarum est l’espèce type de ce genre. U. chartarum est un mycète anamorphe : aucune forme télémorphe n’a été rapportée {3842}.

Les espèces d’Ulocladium ressemblent étroitement à certaines espèces d’Alternaria et elles ont même été classées parfois comme telles dans le passé {1831}. En fait, les espèces d’Ulocladium sont phylogénitiquement associées aux espèces d’Alternaria, et quelques espèces ont été mal identifiées.

La distinction entre le genre Ulocladium et le genre Alternaria repose sur les critères morphologiques suivants : la forme ovoïde ou obovoïde des conidies {3977} ainsi que les différences subtiles dans la pigmentation et la verrucosité des conidies matures.

Les nouvelles techniques de profilage génétique ont soulevé des doutes quant à la validité de plusieurs des espèces nommées. Par exemple, Simmons avait décrit douze espèces d’Ulocladium, mais les résultats récents de la recherche génétique suggèrent que même ces douze espèces pourraient être une sur classification. Le séquençage génétique étaie l’existence de trois espèces, soit U. atrum, U. botrytis et U. chartarum comme espèces appartenant au groupe génomique (cluster en anglais) des Alternaria {1831}.

Une révision taxonomique semble nécessaire, et les éventuelles études moléculaires pourraient régler ces questions {1830}.

 

Écologie

Le genre Ulocladium comprend des mycètes saprophytes omniprésents; ces moisissures sont largement distribuées dans le sol, sur le bois et sur des végétaux en décomposition. Quelques espèces sont des pathogènes s’attaquant aux plantes et des agents détériorant les aliments (surtout des noix, des haricots et des céréales). À l’extérieur, les espèces d’Ulocladiumsont souvent trouvées sur la végétation morte ainsi que dans le sol, l’air et la poussière.

Une méta-analyse faite en 2007 révèle que des espèces aéroportées d’Ulocladium ont été trouvées dans l’environnement extérieur et intérieur dans plusieurs pays {1830}; dans 42 % des 51 études compilées, ces espèces ont été relevées dans l’environnement extérieur. Par exemple, dans des pays subtropicaux, des espèces d’Ulocladium ont été détectées dans l’air extérieur et, dans des pays désertiques, en plus d’être détectées dans l’air extérieur, les espèces d’Ulocladium ont été associées à la poussière déposée {1841, 1830}. Les prélèvements d’air extérieur à Athènes ont indiqué qu’Ulocladium était seulement un contaminant mineur isolé dans 0,56 % des échantillons {1282}.

Exigences de croissance

Les espèces d’Ulocladium se développent à des températures variant entre 5 et 34 °C {725}. À l’intérieur, Ulocladium est considéré comme un colonisateur tertiaire et un indicateur des problèmes d’humidité excessive {3020}; de fait, il exige un haut niveau de moiteur pour germer et se développer (AW =0,90), mais il peut survivre à du stress dû à de courtes périodes de sécheresse.

Ulocladium semble pouvoir se développer à de plus faibles niveaux d’humidité, si ces niveaux se maintiennent sur une longue période; ce phénomène a été observé sur du papier peint dans un environnement présentant, la majeure partie du temps, une humidité relative au-dessus de 75 % {3729}.

Activité de l’eau : Aw : 0,89-0,90 {3729, 3969, 3863}.

Croissance sur matériaux de construction et en environnement intérieur

L’Ulocladium sp. a été trouvé en milieu intérieur sur des matériaux de construction endommagés par l’eau. Il a également été isolé à partir d’échantillons de papier et de textiles; l’U. chartarum est trouvé dans la poussière domestique et, en particulier, dans la poussière des matelas et dans les climatiseurs domestiques {1835, 725, 724}.

Dans des conditions humides, à l’intérieur, Ulocladium est trouvé sur des surfaces peintes et de la tapisserie ainsi que sur des matériaux de construction endommagés par l’eau {725}. Lors d’une étude danoise portant sur des matériaux de construction (72 échantillons) provenant de 23 édifices publics contaminés par des moisissures, Gravesen et al. ont observé que les Ulocladium (U. chartarum et U. oudemansii) arrivaient au quatrième rang parmi les mycètes les plus répandus (21 %) {605}.

Quelques études ont indiqué que l’Ulocladium sp. était présent sur des matériaux de construction, mais était absent des échantillons d’air. Cet état de choses révèle que les spores de quelques espèces pourraient ne pas être facilement libérées dans l’air {1830}. Par exemple, on a trouvé de l’Ulocladium en quantités très limitées dans la poussière présente à l’intérieur des écoles danoises (fréquence de moins de 2 %) {550}.

Néanmoins, le fait qu’Ulocladium peut produire, en milieu synthétique, des endométabolites fortement toxiques peut signifier qu’il pourrait contribuer à une mauvaise qualité de l’air intérieur et aux problèmes de santé liés à la qualité de l’air {550}.

Dans un bâtiment situé en Égypte, Ulocladium a été identifié en tant que genre fongique mineur associé à la poussière en suspension après des travaux de rénovation; il a été isolé à une fréquence de 0,4 % {1790}.

Dans un édifice historique, où les occupants rapportaient des symptômes persistants reliés au syndrome des bâtiments malsains, plusieurs mycètes croissaient sur des matériaux de construction humidifiés par la condensation {807}. Ces mycètes s’étaient répandus dans tout le bâtiment, et plusieurs espèces aéroportées ont été identifiées : Ulocladium sp. était un contaminant aéroporté mineur comparativement à d’autres mycètes.

Une situation semblable a été rapportée en Argentine : des chercheurs ont étudié les différents types de spores aéroportées de mycètes présents dans 49 maisons et ils ont mesuré leurs concentrations. Bien qu’Ulocladium ait été parmi les 13 genres dominants, il représentait seulement 0,57 % de la flore fongique {1584}.

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Date de dernière mise à jour : 29/12/2018