Stemphyllium botryosum f. lactucum (Stemphyliose)

La stemphyliose, maladie des feuilles de la couronne provoquée par le champignon Stemphyllium botryosum f. lactucum, est décrite dans plusieurs pays européens (Angleterre, Italie, Pays-Bas, Espagne et Portugal), en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis.

Ce champignon provoque des taches d'abord petites et humides qui prennent progressivement des formes variables : circulaires à ovales, parfois angulaires lorsqu'elles sont limitées par les nervures. Ces taches montrent des zones concentriques plus ou moins sombres. Un feutrage conidien brun sombre à noir les couvre en période d'humidité, constitué par les conidiophores et les conidies de ce champignon (figure 1). A terme, les tissus situés au centre des taches se nécrosent et se dessèchent, puis ils se décomposent. Les feuilles présentent alors un certain nombre de perforations.

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Fig. 1

 Classification : Fungi, Ascomycota, Dothideomycetes, Pleosporomycetidae, Pleosporales, Pleosporaceae
- synonymePleospora sp. (Téléomorphe)
- dénomination anglaiseStemphylium leaf spot



Répartition et dégâts

Décrit il y a de nombreuses années dans plusieurs pays notamment européens (Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Espagne et Portugal), en Israël, en Afrique du Sud et aux États-Unis, ce champignon n'est pas actuellement considéré comme un agent pathogène majeur des laitues, excepté peut-être en Israël. Un Stemphylium herbarum a été signalé sur endive en Italie.


Symptômes

Taches d'abord petites et humides, prenant progressivement des formes variables : circulaires à ovales, parfois angulaires lorsqu'elles sont limitées par les nervures. Des motifs concentriques plus ou moins sombres sont visibles sur ces taches. Un feutrage
conidien brun sombre à noir les recouvre en période d'humidité (figure 1). Les tissus centraux, une fois nécrosés et desséchés, peuvent tomber ; les feuilles présentent par la suite un certain nombre de perforations. On observe des dégâts plutôt sur les vieilles feuilles.


Éléments de biologie

Ce champignon dispose de potentialités saprophytiques importantes. Il est capable de survivre sur les débris végétaux, sous sa forme mycélienne, par l'intermédiaire de ses conidies ou de ses périthèces (assurant sa reproduction sexuée). Il se maintiendrait également sur les semences. Les contaminations ont surtout lieu durant des périodes climatiques froides et humides, par l'intermédiaire des stomates. Par la suite, le champignon colonise rapidement les tissus. Si les conditions lui sont favorables, des symptômes sont déjà visibles quelques jours après les premières contaminations. Il sporule abondamment sur les tissus lésés, produisant de grosses spores muriformes. Celles-ci sont dispersées par le vent et les projections d'eau consécutives à une pluie ou une irrigation. Les rosées matinales favorisent également son développement, ainsi que des périodes climatiques humides et relativement froides. Il se développe à partir de 4°C jusqu'à 34°C. Son optimum thermique se situe entre 22 et 28°C. Des symptômes se développeraient encore après récolte, en cours de conservation.



Protection

On envisagera des rotations culturales. Le contrôle de ce champignon passe aussi par l'utilisation de semences saines. Des traitements à base de fongicides peuvent être réalisés  dans les pays où c'est autorisé. Aucun fongicide n'est homologué pour cet usage sur salades en France.

Ce champignon se maintenant aisément sur les débris végétaux, il sera indispensable d'éliminer ces derniers pendant ou après la récolte. On évitera les irrigations par aspersion ou elles seront réalisées en cours de journée afin de permettre à la végétation de sécher rapidement. Des sources de résistance ont été identifiées chez Lactuca saligna : une résistance contrôlée par un gène dominant (Sm) et un gène récessif (sm).

 

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Date de dernière mise à jour : 29/12/2018