Bactéries foliaires

Des taches d'abord translucides, parfois luisantes, humides, devenant rapidement brun sombre à noires (figures 1 à 15) peuvent se développer sur le limbe des salades, souvent à la suite de périodes climatiques humides ou d'irrigations par aspersion. Ces taches, si l'humidité persiste, ne tardent pas à s'étendre, provoquant parfois une pourriture limitée à quelques feuilles qui peuvent se généraliser à la pomme et gagner de temps à autre l'intérieur de la tige (figure 6). Ces symptômes ont souvent une origine bactérienne, mais il est difficile de leur associer une bactérie en particulier. En effet, les isolements réalisés à la jonction des tissus sains et malades mettent fréquemment en évidence une ou plusieurs bactéries agissant de concert (figures 7 à 9) : Pseudomonas cichoriiXanthomonas campestris pv. vitiansPseudomonas marginalis pv. marginalisPseudomonas viridiflavaPseudomonas fluorescens.... Dans ces conditions, il est très difficile de savoir qui est réellement responsable des dégâts. Nous vous conseillons de consulter le tableau de ce lien Tache brunes, noires, plus ou moins nécrotiques qui décrit quelques caractéristiques de détermination de diverses bactéries.

Pseudomonas cichorii et Xanthomonas campestris pv. vitians sont généralement considérées comme des bactéries pathogènes sur salade. Les autres bactéries se comporteraient comme des envahisseurs secondaires, des opportunistes (Pseudomonas marginalis pv. marginalis) ou simplement des saprophytes (Pseudomonas viridiflava). Ces deux dernières bactéries sont très pectinolytiques ; elles contribuent à amplifier les pourritures, surtout si les conditions sont humides.

Des différences de sensibilité aux bactérioses sont constatées sur le terrain, entre types de salade (figure 10), mais aussi entre variétés. On note parfois des attaques bactériennes plutôt sur des plantes déjà affectées par une autre maladie (par exemple le "Big vein" ; consulter la fiche Virus des grosses nervures de la laitue (MLBVV).

En fait, quelle que soit la nature des symptômes et la ou les bactéries responsables, la précision du diagnostic n'a qu'une importance relative puisque, dans la majorité des cas, on devra mettre en œuvre les mêmes méthodes de lutte.



Néanmoins, voici quelques caractéristiques des principales bactéries sévissant sur feuilles de salade :
 

  • Pseudomonas cichorii 

Les symptômes se présentent sous différentes formes (figures 11 et 12) :
- soit des petites taches chlorotiques, rapidement nécrotiques, brun foncé à noires. Elles sont brillantes, de forme circulaire à polygonale, parfois étoilée. Elles peuvent être limitées par les nervures secondaires qui brunissent également ;
- soit par des altérations de consistance plutôt ferme de la nervure principale qui prennent également une teinte brune à noire. Les tissus à proximité et à la base de la nervure présentent parfois le même type d'altération. Le pivot reste normalement sain. D'autres bactéries secondaires colonisent parfois les tissus et les dégradent. Lorsque les tissus peuvent sécher, ils montrent une teinte plus claire et deviennent papyracés ;
- ou bien encore par des taches et des altérations étendues et nécrotiques, brunes et brillantes, apparaissent de temps à autres sur les feuilles du cœur, sans modification de consistance ("Varnish spot").

Cette bactérie peut attaquer toutes les feuilles. Cependant, elle affectionne davantage les feuilles du cœur et moins les feuilles de la couronne. Les salades sont particulièrement réceptives lorsque surviennent des pluies ou des irrigations par aspersion au stade rosette. Les symptômes de type "Varnish spot" ne s'observent généralement qu'à proximité de la récolte.

Pour plus d'information sur cette bactérie, nous vous invitons à consulter la fiche Pseudomonas cichorii.

 

  • Xanthomonas campestris pv. vitians 

Les symptômes (figures 13 et 14) sont caractérisés par de minuscules taches humides, angulaires, se développant sur les feuilles bien développées qui entourent la pomme. En s'accroissant, elles deviennent plus ou moins circulaires et prennent une coloration brun foncé à noire. Elles confluent et couvrent des portions importantes du limbe, entraînant la destruction totale de certaines feuilles. Une fois secs, les tissus deviennent également papyracés et se déchirent.

Cette bactérie sévit plus volontiers sur les feuilles de la couronne. Elle affectionne plutôt les périodes chaudes et humides. L'arrivée des pluies ou l'utilisation des irrigations par aspersion marquent le début des attaques.

Pour plus d'information sur cette bactérie, nous vous invitons à consulter la fiche Xanthomonas campestris pv. vitians.

 

  • Pseudomonas marginalis pv. marginalis (Marginal leaf spot)

Différents symptômes sont observables (figures 6 et 15) :
- des flétrissements atténués de la périphérie du limbe. Assez rapidement les zones affectées présentent quelques taches nécrotiques qui brunissent et noircissent. Ultérieurement, les tissus peuvent se dessécher, prendre une teinte plus pâle et devenir papyracés. Si les conditions sont très humides, une pourriture huileuse et noire envahit les feuilles. Certaines nervures secondaires apparaissent parfois plus sombres ;
- la bactérie est capable de gagner le collet et la tige lorsque les conditions sont particulièrement humides. Elle occasionne une pourriture molle et olivâtre de la moelle, comparable à celle provoquée par Pectobacterium carotovorum (nommée "Butt rot" par les Anglo-Saxons).

Toutes les feuilles ne sont pas forcément touchées. Dans un premier temps, les lésions sont plutôt réparties à la périphérie du limbe. Cette bactérie opportuniste s'installe aisément sur les tissus atteints de "Tip burn" (consulter le lien Nécroses marginales). Elle n'entraîne une pourriture de la moelle que durant des périodes de temps couvert et humide et sur certaines variétés de laitue.

Pour plus d'information sur cette bactérie, nous vous invitons à consulter la fiche Pseudomonas marginalis pv. marginalis.

 

  • Pseudomonas viridiflava (Burkholder, 1930) Dowson, 1939 est également signalée sur salade à l'état de saprophyte.

Cette bactérie se développe plutôt sur les vieilles feuilles et a tendance à progresser à la périphérie du limbe et le long des nervures. Il peut provoquer des taches assez comparables à celles de Pseudomonas cichorii et de Pseudomonas marginalis pv. marginalis, ainsi que des pourritures humides grâce aux activités pectinolytiques de certaines souches.

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Fig. 1

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Fig. 2

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Fig. 3

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Fig. 4

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Fig. 5

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Fig. 6

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Fig. 7

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Fig. 8

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Fig. 9

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Fig. 10

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Fig. 11

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Fig. 12

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Fig. 13

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Fig. 14

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Fig. 15

 

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Date de dernière mise à jour : 23/12/2018