Vespa velutina (Frelon asiatique)

 

Le frelon asiatique ou frelon à pattes jaunes (Vespa velutina), est une espèce d'hyménoptère de la famille des Vespidae, de la sous-famille des Vespinae et du genre Vespa. C'est un prédateur opportuniste qui chasse différents insectes (mouches, libellules, orthoptères, etc.). Ce frelon est parfois considéré comme nuisible quand il se spécialise dans l'attaque des ruchers d'abeilles domestiques. Son aire de distribution d'origine se situe en Asie.

Il existe de nombreuses sous-espèces. Une sous-espèce de couleur noire, Vespa velutina nigrithorax, a été introduite en Europe avant 2004 où elle est considérée comme une espèce envahissante. En avril 2017, le frelon aurait colonisé presque toute la France, le Portugal, le nord de l'Espagne et quelques régions de l'Italie, l'Allemagne, la Belgique et la Grande-Bretagne.

Vespa velutina

Description de cette image, également commentée ci-après

Vespa velutina nigrithorax capturé à Toulouse (France). Vue dorsale et ventrale

Classification

Règne

Animalia

Embranchement

Arthropoda

Sous-embr.

Hexapoda

Classe

Insecta

Sous-classe

Pterygota

Infra-classe

Neoptera

Super-ordre

Endopterygota

Ordre

Hymenoptera

Sous-ordre

Apocrita

Super-famille

Vespoidea

Famille

Vespidae

Sous-famille

Vespinae

Genre

Vespa

Nom binominal

Vespa velutina

Description

Ouvrières

Une ouvrière mesure environ 3 cm. La sous-espèce Vespa velutina nigrithorax est reconnaissable à ses pattes jaunes, ses ailes sombres, son thorax noir, sa couleur sombre et son abdomen sombre cerné d'un anneau jaune-orangé marqué d'un triangle noir.

Reine ou fondatrice

La reine mesure jusqu'à 3,5 cm. Sa durée de vie est d'un an. Chaque reine fonde sa propre colonie au printemps du mois de mars jusqu'à début août. Elle se compose alors de larves qui deviendront les premières ouvrières, aussi appelées ouvrières de « première caste ». À partir du début du mois de juin, la colonie est composée d'ouvrières adultes et vers la fin de l'été, également de mâles et de femelles sexuées. Les femelles sexuées, futures reines, passent l'hiver en diapause dans un endroit abrité, souvent enterré, et sortent au printemps pour fonder de nouvelles colonies.

Nid

Le nid ou « guêpier », fait de fibre de cellulose mâchée comme chez la majorité des guêpes (certaines, non Vespidae, construisent avec de la boue), peut atteindre un mètre de haut et 80 cm de diamètre. Construit au printemps, il est aérien, le plus souvent situé dans des arbres à plusieurs mètres de hauteur, quelquefois au ras du sol, sous une charpente ou dans des cheminées. Ce frelon étant opportuniste, son nid est retrouvé aussi bien dans des habitations que sur du mobilier urbain.

Il est généralement de forme sphérique et possède un orifice de sortie latéral. Chaque nid abrite quelque 2 000 frelons, dont plus de 550 fondatrices qui peuvent, l'année suivante, nidifier si elles sont fécondées. Cependant, un grand nombre de ces reines ne passeront pas l'hiver.

Il est abandonné pendant l'hiver. Durant cette période, il a été observé en France que certains oiseaux ravageaient le nid. Ce comportement n'a aucune conséquence sur la pérennité de l'espèce puisque le nid est vide.

 

 

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Fondatrice de Vespa velutina

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Fondatrice construisant son nid au début du printemps.

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Fondatrice finissant l'ébauche de son nid en fin de printemps.

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Vespa velutina en alerte sur son nid

Confusions possibles

Vespa crabro

Vespa crabro (le frelon d'Europe) est plus grand et possède un aspect plus coloré. Ses teintes rouges et jaunes contrastent avec l'aspect plus sombre de Vespa velutina.

Le nid, moins volumineux que celui de Vespa velutina, toujours ouvert vers le bas (le trou d'entrée de celui de Vespa velutina se situe sur le côté), est édifié dans un tronc creux ou sous un abri, parfois dans le sol, mais jamais en haut des grands arbres.

 

Megascolia maculata

Megascolia maculata (la scolie des jardins ou scolie à front jaune) dispose de larges taches jaunes sur la tête et l'abdomen. La femelle peut mesurer jusqu'à 4 cm, soit près d'1 cm de plus que Vespa velutina.

La scolie ne construit pas de nid mais forme une loge nymphéale autour des larves de coléoptères dans lesquelles les femelles pondent leurs œufs.

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Vespa velutina

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Vespa crabro

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Megascolia maculata

Régime alimentaire

Le frelon adulte se nourrit de fruits mûrs et de nectar. Pour nourrir ses larves, il capture différents insectes (mouches, guêpes, abeilles, chenilles, etc.).

Abeilles

Pour capturer les abeilles, il se positionne en vol stationnaire à l'entrée d'une ruche ou sur leurs lieux de récolte. Sa taille plus importante et ses grandes pattes lui permettent de saisir une abeille et de l'emporter avec lui. Il ne gardera de l'abeille que le thorax et en fera une boulette qu'il emportera pour nourrir les larves de sa colonie. Il arrive très fréquemment qu'une attaque de frelons cause des pertes importantes à une ruche. Contrairement à l’Apis mellifera, sa cousine Apis cerana sait se défendre en l'entourant d’une masse compacte d’ouvrières qui, en vibrant des ailes, augmentent la température (45 °C en 5 minutes) au sein de la boule jusqu’à ce que le frelon meure d’hyperthermie.

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Frelon asiatique cherchant des chenilles de pyrales du buis

Répartition

En Asie

Cette espèce est originaire (endémique) d'Asie avec une vaste aire de répartition dans des zones au climat tropical ou continental : Afghanistan, sud de l'Inde, péninsule indochinoise, Chine (et Hong Kong), îles indonésiennes.

Elle a été signalée pour la première fois en Corée en 2006.

En Europe

La sous-espèce de couleur noire (V. nigrithorax) est endémique en Asie continentale, avec un climat comparable à celui de la France ; ceci explique que cette sous-espèce ait pu non seulement s'établir en France mais aussi coloniser de nouveaux territoires en Europe.

En avril 2017, le frelon aurait colonisé presque toute la France, le Portugal, le nord de l'Espagne et quelques régions de l'Italie, l'Allemagne, la Belgique et la Grande-Bretagne.

En France

Vespa velutina a été observée pour la première fois en France en 2004 en Lot-et-Garonne, provenant probablement de conteneurs de poteries chinoises importées en Lot-et-Garonne via le port du Havre. La première détermination de l'espèce fut réalisée à la suite d'un prélèvement effectué en novembre 2005 sur un fruit de kaki, commune de Nérac, (Lot-et-Garonne). En mai 2006, trois autres individus sont prélevés à Villeton (Lot-et-Garonne). Le signalement officiel de l'insecte est alors effectué dans le Bulletin de la Société entomologique de France. Cette année-là, l'Aquitaine est vraisemblablement colonisée. Il s'agit de la sous-espèce Vespa velutina nigrithorax. Il n'a habituellement aucune agressivité envers l'homme, mais les apiculteurs s'en inquiètent car il se nourrit d'abeilles.

La première mise en garde face à cette espèce date de 2006.

En septembre 2009, un nid est découvert en Île-de-France au Blanc-Mesnil, au nord-est de Paris, mais en réalité, l'espèce aurait déjà franchi la frontière franco-belge (un nid de 60-80 cm de diamètre a été détruit par les pompiers, dans un bouleau, à environ 20 m de hauteur, à Somain (Nord) fin octobre 2011). En octobre 2012, un nid est découvert à Jouy-en-Josas, au sud-ouest de Paris et, en novembre, un homme est mortellement piqué à Coron près de Saumur. Deux nids sont détruits en Eure-et-Loir début août 2013. Trois nids primaires ont été détruits en juin et juillet 2013 dans l'Eure ; aucun nid secondaire n'ayant été détecté, le département n'est pas déclaré officiellement colonisé. En 2016, une quinzaine de personnes sont attaquées dans le Lot-et-Garonne, près de Foulayronnes, et deux d'entre elles sont hospitalisées.

Les scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle ont proposé à des naturalistes volontaires de signaler l'évolution et les déplacements de cette population sur leur site web via une fiche de signalement, en lien avec le réseau Daisie [archive] (Delivering Alien Invasive Species Inventories Europe) qui en Europe suit les espèces invasives. Une fiche d'aide à l'identification est en ligne sur le site du système d’information sur la nature et les paysages (SINP).

La progression du front d'invasion est d'environ 60 km par an, le frelon étant présent sur 50 % du territoire métropolitain (majoritairement la moitié sud-ouest) en 2012. La carte de sa répartition est régulièrement mise à jour sur le site de l'INPN [archive] et celui du MNHN dédié à cette espèce [archive].

Fin 2015, l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte, met en évidence un phénomène de dépression de consanguinité chez les populations de frelons asiatiques de France qui « pourrait ralentir la croissance des colonies et à terme limiter l'expansion de cette espèce invasive ». Selon des chercheurs, en raison de leur faible diversité génétique, les colonies produisent trop de mâles et pas assez d'ouvrières.

En Belgique

Un nid de frelon asiatique est découvert pour la première fois à Guignies en novembre 2016.

Systématique

L'espèce Vespa velutina a été décrite par l'entomologiste français Amédée Louis Michel Lepeletier en 1836.

Synonymie

Vespa auraria

Nom vernaculaire

  • Frelon à pattes jaunes
  • Frelon asiatique

 

Taxonomie

Liste des sous-espèces

  • Vespa velutina ardens Buysson, 1905
  • Vespa velutina auraria Smith, 1852
  • Vespa velutina celebensis Perkins, 1910
  • Vespa velutina divergens Perkins, 1910
  • Vespa velutina flavitarsus Sonan, 1939
  • Vespa velutina floresiana van der Vecht, 1957
  • Vespa velutina karnyi van der Vecht, 1957
  • Vespa velutina mediozonalis Perkins, 1910
  • Vespa velutina nigrithorax Buysson, 1905
  • Vespa velutina sumbana van der Vecht, 1957
  • Vespa velutina timorensis van der Vecht, 1957
  • Vespa velutina variana van der Vecht, 1957

Vespa velutina et l'Homme

Risques sanitaires

Sa piqûre n'est pas plus dangereuse, pour les personnes non allergiques, que celle de Vespa crabro ou de l'abeille domestique.

Cependant trois situations, communes à ces deux espèces, peuvent entraîner des complications médicales : « piqûres multiples ou piqûre unique avec localisation muqueuse ou encore patient allergique au venin d’hyménoptère ». À la date de 2009 un seul cas d'envenimation a été observé en France où en octobre 2007 un agriculteur piqué à douze reprises à la tête et traité médicalement présente un an plus tard des névralgies séquellaires persistantes et invalidantes. Globalement le risque d'attaque n'est pas plus élevé qu'avec les hyménoptères européens.

Complication de la piqûre

La piqûre du Vespa velutina dans la gorge comme pour la plupart des piqures d'hyménoptères est susceptible de provoquer dans les cas les plus sévères un choc respiratoire, œdème de Quincke (la gorge gonfle, l'air ne passe plus) ou un choc anaphylactique, et provoquer une dilatation très importante des vaisseaux sanguins, et par conséquent une chute brutale de tension artérielle qui peut être fatale.

Conséquences économiques et écologiques

Ce frelon s'attaque notamment aux abeilles ouvrières des ruches européennes Apis mellifera.

L'impact de cette espèce sur les ruchers ou sur les populations d'abeilles sauvages n'est pas encore connu. À la fin de l'année 2011, Le MNHN de Paris a déjà collecté près de 2 000 boulettes d'insectes ramenées aux nids par les ouvrières frelons à pattes jaunes2.

 

Les abeilles et autres insectes pollinisateurs jouent un rôle important dans la survie des végétaux grâce au travail de pollinisation qu'elles assurent, en particulier pour plus de 20 000 espèces de plantes en Europe dont 40 % sont des fruits, des légumes ou des oléagineux.

La question d'envisager un piégeage de grande ampleur est délicate, d'autant que ces piégeages peuvent affecter gravement l'entomofaune locale. Pour ces raisons, et à l'inverse de la Dordogne, le Lot et Garonne s'est refusé au piégeage massif et envisage une expérimentation sur surface réduite et sous contrôle. Les résultats ont été exposés en 2009 et publiés en 2011. Cette étude corrobore celle réalisée en 2009 par la Société linnéenne de Bordeaux, à Bordeaux, et portant sur quinze relevés de pièges ayant abouti à la capture de 93 frelons asiatiques et 16 000 autres insectes.

L'arrêté du 22 janvier 2013  interdit, sur tout le territoire national Français et en tout temps, l'introduction volontaire dans le milieu naturel de spécimens vivants du frelon à pattes jaunes Vespa velutina. On entend par « spécimen vivant » tout œuf, larve, nymphe ou animal vivant.

Moyens de lutte

Appât régulateur

Appât destiné à réguler la pression du frelon asiatique dans et aux abords des ruchers. Il contient un insecticide rapporté au nid par les ouvrières et régurgité aux larves suivant le principe de la trophallaxie propre aux insectes de société. Benzoylurée et ou analogue d'hormone juvénile, le principe actif de l'insecticide utilisé a pour effet d'inhiber la fabrication de la chitine par les jeunes larves qui ne peuvent ainsi constituer leur exosquelette. L'activité du nid s'éteint en quelques jours, qu'il ait été localisé ou pas... Les essais ont été conduits en 2010 et 2011, au printemps, lors du réveil des fondatrices, recoupés et confirmés en milieu de saison (juillet-août). Il en ressort deux effets intéressants, l'échec de la fondation (au printemps) et la spectaculaire régression de la colonie dès la mise à disposition de l'appât en cours de saison. Le produit contient un attractif frelon qui se trouve être un répulsif pour les abeilles. Limités aux abords des ruchers, quelques dégâts collatéraux vis-à-vis de l'espèce Vespa (Crabro en particulier) sont enregistrés, ils seront de toutes manières bien moins impactants pour l'espèce que la généralisation du piège bouteille et la prédation perpétrée par Vespa velutina sur l'ensemble de l'entomofaune de notre pays.

Perche télescopique et soufre

Il est possible de détruire un nid à distance (jusqu'à 20 m) en utilisant une perche télescopique injectant de l'anhydride sulfureux à l'intérieur du nid. La colonie de frelons est alors asphyxiée en quelques secondes par le liquide devenu gazeux et réfrigérant. Référence à l'arrêté ministériel autorisant l'utilisation du dioxyde de soufre.

 

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Larves de frelon asiatique, ou frelon à pattes jaunes (Vespa velutina) dans un nid qui vient d'être détruit.

Abat-guêpe

L'abat-guêpe est un outil facile à réaliser soi-même en utilisant une baguette de trente centimètres dont l'extrémité sera engluée (colle à rat, colle arboricole). Comme le montre la vidéo, la capture s'effectue par un « touché collé ». C'est un moyen de lutte alliant sélectivité et respect de l'environnement qui permet la capture des jeunes fondatrices appâtées au printemps sur des mangeoires contenant cires, bière brune, miel et protéines (viande de poisson, crevette). En se rendant toutes les deux ou trois heures près de la mangeoire, on peut éliminer facilement les fondatrices présentes sans toucher en aucune façon les insectes utiles (bien au contraire puisqu'ils trouvent une source d'alimentation dans la mangeoire). L'approche d'une fondatrice est particulièrement bruyante et caractéristique.

Pour exploiter le principe de « territorialité » et limiter la propagation de l'espèce, il faut impérativement arrêter la capture des fondatrices errantes dès qu'un nid prospère est localisé dans ou aux abords de votre propriété afin de ne pas en tuer « sa » reine. Ce nid se chargera d'interdire l'implantation d'une colonie cachée et hors contrôle. Le nid prospère doit donc être détruit mi-juillet, période à partir de laquelle les fondatrices ne sont plus en mesure de conduire à terme une nouvelle colonie.

Pièges

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Un piège à frelons fabriqué avec une bouteille plastique coupée en deux pour placer le goulot en forme d'entonnoir vers un liquide attractif (bière + sirop de cassis + vin blanc). Le frelon entre par le goulot et n'arrive pas à ressortir. Il finit par se noyer dans l'appât. On place un petit auvent 10 cm au-dessus de la bouteille pour éviter que la pluie fasse monter le niveau à l'intérieur de la bouteille et rende l'appât accessible sans rentrer dans le piège. De petits fils de fer introduits dans la bouteille permettent de fixer le piège à son support.

Différentes sources recommandent de placer des pièges à guêpes et frelons à proximité d'un rucher pour limiter la pression de prédation. Pour éviter que les pièges à guêpes et frelons ne piègent aussi les abeilles, il est absolument impératif de ne pas mettre un attractif sucré à l'intérieur (exclure le miel notamment) mais un attractif protéiné disponible en jardinerie ou chez les revendeurs de matériel apicole. Le mélange bière brune, cassis, vin rouge est tout aussi attractif pour le frelon et refusé par l'abeille. La période de piégeage s'étale de mi-juin à fin-octobre.

Contrairement à ce qui est dit dans de nombreux réseaux apicoles et sur internet, le piégeage des reines au printemps aurait peu d'effet sur le niveau de population de l'espèce et s'avère particulièrement néfaste pour le frelon commun (Vespa crabro) et autres insectes s'il est prolongé au-delà du mois d'avril. L'expérience des autres invasions de guêpes et les différentes études scientifiques sur leur biologie montre que beaucoup de fondatrices ne parviendront pas à créer une colonie viable. Ainsi plus de 90 % d'entre elles mourront naturellement (essentiellement par le fait de la compétition entre elles pour les sites de nidification). Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) ainsi que le groupe de travail formé par le ministère de l'Agriculture, composé des administrations publiques, de représentants apicoles et de scientifiques, déconseillent le piégeage printanier du frelon asiatique. Le piégeage pose problème car il tue d’autres insectes. Dans un environnement perturbé, le frelon a plus de chances de s’installer. Le MNHN recommande la destruction des nids de frelons asiatiques. Seule la destruction semble être efficace, les techniques de piégeage étant pour le moment inutiles ou inadaptées.

Localiser les nids et les détruire vers la mi-juillet avant la délocalisation éventuelle de la colonie et la naissance des futures fondatrices seraient plus efficace. Les frelons asiatiques sont territoriaux et deux nids ne cohabitent pas de manière pérenne à moins de 250 mètres d'un nid existant. Des exceptions à cette règle existeraient, c'est la théorie des nids jumeaux.

Protection des ruches

Il existe désormais des portes d'entrée de ruches laissant passer uniquement les abeilles, elles empêchent les frelons d'y pénétrer afin de la vider complètement. En revanche, elles n'empêchent pas les frelons d'attraper les abeilles en plein vol à l'entrée de la ruche. Le placement de ces portes d'entrée est cependant un bon moyen de limiter les dégâts, ajouté à la pose de pièges à proximité des ruches. Il faut veiller à ce qu'elles ne bloquent pas le passage des mâles d'abeilles (faux bourdons) quand une fécondation doit avoir lieu. Si une ruche a une reine vierge (supersédure ou essaimage), on peut ouvrir quelques ruches pourvoyeuses en mâles sélectionnés pour leur qualité. Elles ne bloquent en tout cas pas les reines.

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Entrée de ruche ayant une grille de protection

Poules et poulets

Les poulets en croissance, nés en couvaison naturelle et éduqués par la poule sont des prédateurs occasionnels du frelon à pattes jaunes. Il peut être envisageable d'installer des ruches dans un poulailler. Un agriculteur et apiculteur breton a remarqué en juin 2016 que la poule de Janzé est un prédateur naturel du frelon asiatique et s'en sert pour protéger ses ruches.

Plante carnivore

Dans une étude, menée depuis l'automne 2014, le Jardin des plantes de Nantes, a découvert qu'une plante carnivore, la Sarracenia oreophila, attirait, en particulier, le frelon asiatique à pattes jaunes, et était prometteuse dans la lutte contre cette espèce, un pied de cette plante, pouvant éliminer près de 50 frelons. L'étude menée à Nantes, en mars 2015, avec la collaboration du Muséum national d'histoire naturelle, a permis de piéger 600 mouches et 600 frelons. Des chercheurs de l'université de Tours, essaient de mettre au point un piège en plastique, sur la base de la molécule odoriférante, attirant cette espèce. Si une molécule attractive et sélective pouvait en être extraite, cette plante pourrait être un réel espoir pour les apiculteurs, dont les

ruches sont décimées par cette espèce envahissante, en permettant de limiter son impact sur leurs ruches.

Signalement

Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) réalise l'inventaire des nids de frelons asiatiques à l'aide d'un formulaire en ligne ou d'une fiche téléchargeable sur le site web de l'INPN. Cet inventaire est important car il s'agit de l'un des principaux outils de l'étude de l'invasion : il permet de mieux appréhender et contrôler l'expansion de l'espèce en France, de vérifier l'efficacité des systèmes de lutte locaux ou à plus grande échelle et de prévoir les zones envahies des années à venir.

Chacun peut y participer en remplissant une des fiches.

Parasites

On cherche à mieux les connaitre, car ils peuvent jouer un rôle en matière de lutte biologique. Trois spécimens d'un nouveau parasite du frelon asiatique ont été récoltés en France en 2012. Ce nématode mermithidé du genre Pheromermis, probablement de l'espèce Pheromermis vesparum, parasite le frelon ; c'est une espèce locale, européenne, qui s'est adaptée à un nouvel hôte. Selon l'Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS/EPHE/UPMC) en 2015, il n'arrêtera pas l'invasion, car peu ont été trouvés à ce jour, ses hôtes secondaires (insectes à phase aquatique comme les phryganes) composent exceptionnellement le régime alimentaire de ce frelon, et surtout, les colonies de frelons sont très résistantes au parasitisme. L'utilisation de ce parasite en lutte biologique ne sera donc pas possible.

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Nématode mermithidé parasite du frelon asiatique

Actions des pouvoirs publics en France

  • À l'échelle nationale

Les premières demandes de la part des députés au gouvernement datent de l'année 2007. Entre janvier 2007 et avril 2007, six députés font part de leur inquiétude et demandent au ministère de l'Écologie et au ministère de l'Agriculture la mise en place d'une réponse coordonnée au point de vue national face au développement de Vespa velutina.

En octobre 2008, le député Martial Saddier remet au gouvernement son rapport sur la filière apicole. Il y recommande la protection des ruches, la destruction des nids et le piégeage. Il constate l'absence de « disposition juridique relative à la lutte contre les invasifs. » Il propose que la lutte soit organisée au niveau national et local, de légiférer sur le statut invasif, de structurer la communication et de développer les contacts avec la Chine où cet insecte est déjà présent.

En mars 2009, le député Pascal Deguilhem député de la Dordogne demande au gouvernement que Vespa velutina soit catégorisé « insecte nuisible ». Le ministère de l'Agriculture répondra en juin 2009 en déclarant que « cette démarche doit s'inscrire dans une réflexion plus large, relative à la gestion des espèces exogènes invasives ».