Coccoidea

Coccoidea

Les Coccoidea (cochenilles) forment une super-famille d'insectes hémiptères du sous-ordre des Sternorrhyncha.

On en compte près de 8 500 espèces réunies en 21 à 24 familles. Elles vivent dans une grande variété d'habitats ; des toundras (environ 2 000 espèces connues en zone paléarctique) jusqu'à l'équateur. Ces insectes étaient autrefois nommés « poux des plantes » en raison de leurs pièces buccales transformées en rostre piqueur leur permettant d'aspirer la sève, soit de la sève élaborée pour certains groupes, aspirée dans le phloème, soit de la sève brute prélevée dans le xylème, alors que quelques espèces aspirent les liquides des parenchymes cellulaires. Celles qui vivent en zones tropicales chaudes sont plus grandes que celles des zones tempérées. Les femelles produisent généralement une grande quantité de sécrétions tégumentaires (cires ou laques) qui les protègent et parfois les recouvrent complètement.

Les Coccoidea se nourrissent d'une large variété de plantes, si bien que la plupart d'entre eux sont considérés comme nuisibles.

Les cochenilles sont des insectes communs, ou devenus communs, voire localement invasifs, mais dont l'écologie reste mal connue.

Coccoidea

Description de cette image, également commentée ci-après

Dactylopius coccus

Classification

Règne

Animalia

Embranchement

Arthropoda

Sous-embr.

Hexapoda

Classe

Insecta

Sous-classe

Pterygota

Infra-classe

Neoptera

Super-ordre

Endopterygota

Ordre

Hemiptera

Sous-ordre

Sternorrhyncha

 

Super-famille

Coccoidea
 

Description de cette image, également commentée ci-après

Cochenille sur un citronnier, et son ovisac crénelé

Histoire évolutive

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ae/CochenillesJuinTilleul2010_2.jpg/220px-CochenillesJuinTilleul2010_2.jpg

Pullulation de cochenilles sur le tronc d'un jeune tilleul (Nord de la France)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3c/CochenillesJuinTilleul2010.jpg/220px-CochenillesJuinTilleul2010.jpg

Détail de la photo précédente, avec femelles à plusieurs stades de croissance

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f2/Aulacaspis_rosae_from_CSIRO.jpg/220px-Aulacaspis_rosae_from_CSIRO.jpg

Aulacaspis rosae (mâle)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/2d/Planococcus_citri_from_CSIRO.jpg/220px-Planococcus_citri_from_CSIRO.jpg

Planococcus citri

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/91/Olivier_cochenille-noire1.jpg/220px-Olivier_cochenille-noire1.jpg

Cochenille noire de l'olivier (Saissetia oleae)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/38/Scale_and_sooty_mold_on_a_Eucalyptus_tree.jpg/220px-Scale_and_sooty_mold_on_a_Eucalyptus_tree.jpg

Cochenille, et fumagine sur eucalyptus

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/20/Cochenille_z02.jpg/220px-Cochenille_z02.jpg

Cochenilles sur un cactus Opuntia, à La Palma

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0b/Indian_collecting_cochineal.jpg/220px-Indian_collecting_cochineal.jpg

Amérindien collectant des cochenilles avec un pinceau en "queue de cerf" par José Antonio de Alzate y Ramírez (1777)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/54/Gedroogde_luizenvrouwtjes.jpg/220px-Gedroogde_luizenvrouwtjes.jpg

Dactylopius coccus, originaire d'Amérique centrale, dont on tire un colorant (E 120)

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/81/CochenillesMarronniers_10_oct_2001.jpg/220px-CochenillesMarronniers_10_oct_2001.jpg

Cochenilles sur marronnier d'Inde

Dans l'histoire de l'évolution, les cochenilles semblent apparaître vers le milieu du Mésozoïque (il y a 140 millions d'années). Elles faisaient probablement partie de la faune de la litière et on suppose qu'elles mangeaient des mycéliums. Certains groupes de Margarodidés (insectes de 10 à 15 mm) étaient déjà diversifiés au Crétacé inférieur (-100 millions d'années). Les cochenilles seraient devenues parasites des plantes à fleur en coévoluant avec certaines d'entre elles. Souvent, les cochenilles ont développé des relations de mutualisme avec des fourmis, ainsi qu'avec des microorganismes devenus leurs symbiontes et produisant pour elles des substances azotées indispensables. Les inclusions d'ambre du Tertiaire (Eocène, Oligocène et Miocène) (-55 millions d'années) ont conservé des représentants de presque tous les groupes existant aujourd'hui.

Classification

La super-famille des cochenilles (Coccoidea), regroupe des hémiptères du sous-ordre des Sternorrhyncha. C'est un groupe monophylétique, l'un des 4 groupes frères des Sternorrhynches (les 3 autres étant les pucerons (Aphidoidea), les Aleurodes (Aleyrodoidea) et les psylles (Psylloidea).

Description

Apparence : les cochenilles sont toutes des parasites des végétaux, à fort dimorphisme sexuel. Le mâle adulte est un insecte ailé ne possédant qu'une paire d'ailes antérieures. Ses ailes postérieures sont réduites à des structures nommées hamulohaltères, des antennes et des pattes (tarses uni-articulés) développées. Il n'a pas de pièces buccales et ne vit qu'un à deux jours, le temps de se reproduire. Chez la plupart des familles de cochenilles, la femelle est aptère, à l'aspect néoténique et peut avoir des antennes et pattes réduites (beaucoup vivent fixées sur des végétaux). La femelle ressemble à une larve en forme d'écaille, de galle ou couverte de cire, alors que d'autres familles comme les Diaspididae peuvent avoir une disparition totale des pattes chez la femelle adulte, qui reste complètement fixée sur la plante.

Taille : en zone tempérée, elles ne mesurent au mieux que quelques mm, mais des espèces du genre Callipappus atteignent 40 mm de long. En Afrique, Aspidoproctus maximus Lounsbury, 1908 mesure jusqu'à 35 mm de long et 20 mm de largeur.

Certaines cochenilles sécrètent une matière d'apparence cotonneuse, constituée de fins filaments cireux ou d'écailles cireuses. Certaines espèces ont une salive toxique : lorsque la plante est parasitée par un nombre important de cochenilles, on peut voir apparaitre sur les feuilles des taches noires correspondant aux toxines qui s'accumulent jusqu'à créer une petite lésion : la feuille finit par dépérir peu après (elle tombe, se recroqueville, jaunit ou se nécrose, selon les espèces).

Pour certaines espèces très petites (difficiles à observer et à remarquer sur la plante), on peut déceler leur présence au niveau des jeunes feuilles : les cochenilles se fixent sur la jeune feuille en émergence, profitant d'une arrivée constante de sève, et d'un matériel plus tendre, donc plus facile à percer. La conséquence est un sous-développement de la nouvelle feuille au niveau de la piqûre. Tout autour de celle-ci, la feuille est beaucoup moins développée et peu apparaitre légèrement difforme, à cause de la dissymétrie engendrée par le manque local de sève. On peut vérifier s'il s'agit bien de cochenilles en laissant la feuille sur la plante (durant quelques jours ou quelques semaines, selon la vitesse de développement de la plante) : l'insecte va se nourrir de manière quasi-continue, produisant son bouclier de cire : cela se traduira par une fine couche (en général brun clair) présente tout autour de l'encoche. En grattant doucement, vous décollerez en un seul coup l'intégralité de cette petite plaque fine (sinon, c'est peut-être qu'il y en a deux toutes proches l'une de l'autre). Avec une très bonne loupe ou un petit microscope amateur, en observant la partie de la plaque collée à la feuille, vous retrouverez près de son centre les membres de l'insecte qui lui permettaient de rester fermement attaché à la plante.

Reproduction et cycle de vie

Le système de reproduction au sein de ce groupe est très hétérogène.

Les cochenilles sont presque toujours ovipares mais certaines espèces sont ovovivipares (les œufs pondus sont déjà embryonnés), et d'autres sont vivipares.

L'hermaphrodisme est possible, par exemple chez certaines espèces du genre Icerya (Monophlebidés) : chez ces espèces, dont la Cochenille australienne, chaque individu porte à la fois des organes reproducteurs mâles et femelles. L'œuf fécondé produit un hermaphrodite, et celui qui échapperait à l'autofécondation (phénomène rare) produira (par parthénogenèse arrhénotoque) un mâle ailé2. On connait aussi au moins sept formes de parthénogenèse chez les cochenilles[réf. nécessaire]. Plusieurs de ces modes de reproduction peuvent coexister au sein d'une même espèce, produisant alors à la fois des lignées parthénogénétiques et bisexuées (c'est le cas en France par exemple pour la Lécanine du cornouiller, la Lécanine de la vigne, le Pou des Hespérides ou le Cochenille virgule du pommier).

La parthénogenèse consiste en développement d'œuf non fécondés ; elle peut être de trois types:

- thélytoque  : les œufs non fécondés ne produisent que des femelles ; c'est toujours le cas chez quelques Diaspididés et Margarodidés ;

- facultatif : les œufs non fécondés produisent des femelles, mais la reproduction bisexuée donne des individus des deux sexes ;

- arrhénotoque  : de l'œuf non fécondé ne sortent que des mâles.

La fécondation : à l'émergence, les mâles sexuellement mûrs partent à la recherche des femelles,