Aphelanchoïde ritzemabosi (L'anguillule ou nématode du chrysanthème)

Aphelenchoides ritzemabosi est essentiellement inféodé aux tissus foliaires. Il provoque sur les feuilles de grandes taches polygonales, d'abord vert clair à jaunes, délimitées par les nervures. La couleur de celles-ci évolue ultérieurement au brun, voire au noir. La présence de plusieurs de ces taches sur les feuilles leur confère l'aspect d'un damier, à l'origine du nom de la maladie (figures 1 à 3).


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Figure 1

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    Figure 2
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    Figure 3

     

    Cette anguillule provoque des dégâts importants dans les cultures de chrysanthèmes. L’adulte filiforme mesure 1 mm de longueur. Aphelenchoïdes ritzemabosi hiverne dans le sol, et dans les feuilles mortes. La pénétration s’effectue par les stomates à la face inférieure du limbe. Une fois à l’intérieur, il se nourrit en piquant les tissus à l’aide de son stylet. Extérieurement sa présence se manifeste par l’apparition de taches grisâtre ou jaunâtre. Les feuilles se dessèchent, puis se recroquevillent tout en restant attachées aux tiges. Le bourgeon terminal peut être détruit. On compte 5 à 10 générations par an.

    Les taches polygonales traduisant la présence de ce nématode foliaire dans le limbe sont très caractéristiques (figures 1 à 3) et sont à l'origine du nom de cette affection "maladie des taches foliaires en damier». Elles apparaissent d'abord sur les feuilles basses. Leur couleur est d'abord jaunâtre à vert clair puis évolue vers le brun sombre et, parfois même, vers le noir. Ces taches sont toujours délimitées par les nervures, ce qui est à l'origine de leur aspect polygonal. Cette maladie vermiculaire, due à Aphelenchoides ritzemabosi (figure 4) et affectant plutôt le chrysanthème, est assez peu fréquente en France. Elle a surtout été signalée dans le Sud-Ouest, et plus particulièrement dans le département des Pyrénées Atlantiques.

    Des nématodes appartenant au genre Aphelenchoides sont signalés sur tabac dans plusieurs pays, ils n'ont jamais été décrits avec précision et on ne sait pas s'il s'agit de l'espèce Aphelenchoides ritzemabosi, excepté au Japon, où cette dernière espèce ne provoque des dégâts que très ponctuellement.

    Pour d'autres informations concernant ce pathogène, nous vous invitons à consulter la fiche 
    Aphelanchoides ritzemabosi décrivant cette espèce.

     

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    Figure 1
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    Figure 2

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    Figure 3

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    Figure 4

     

    - Conservation et sources d'inoculum

    Aphelenchoides ritzemabosi est un nématode qui se conserve très facilement plusieurs mois dans le sol, sur les débris végétaux.

    - Pénétration dans la plante et invasion de l'hôte

    A la faveur d'une pluie ou d'une irrigation par aspersion, le nématode va profiter des éclaboussures et de la présence d'eau libre sur les feuilles pour gagner et se déplacer sur ces dernières et les pénétrer par les stomates. Il colonise ensuite progressivement les cellules du mésophylle et s'y multiplie plus ou moins abondamment.

    -
    Dissémination du pathogène

    Les nombreux nématodes formés dans les tissus s'échappent par les stomates, cheminent très facilement à la surface des feuilles humides et gagnent sans difficulté d'autres feuilles en contact avec celles où ils se sont multipliés. Ils sont aussi disséminés aux plantes saines à proximité, grâce à des éclaboussures d'eau survenant lors des pluies et des irrigations. Aphelenchoides ritzemabosi peut aussi être disséminé par les semences chez l'aster.
    - Conditions favorables au développement du nématode

    Le nématode puis la maladie apparaissent assez tardivement sur tabac, à l'approche de la maturité des feuilles. Ce phénomène est favorisé par les périodes pluvieuses.

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    Figure 1
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    Figure 2
  • Bon nombre de méthodes proposées pour contrôler les Meloidogyne spp. peuvent aussi être utilisées pour combattre Aphelenchoides ritzemabosi,
     
  • Comme nous l'avons vu précédemment, Aphelenchoides ritzemabosi se manifeste assez tardivement dans les cultures, ce qui rend son contrôle délicat. On peut considérer qu'une fois que les taches sont apparues sur les feuilles, il n'y a plus rien à faire. Toutefois, il faut impérativement éliminer le maximum de débris végétaux en cours et en fin de culture, afin d'éviter la conservation de ce nématode dans le sol..

    Dans le cas des tabacs séchés à l'air, si le séchage a lieu dans les mêmes abris qui serviront à produire les plants l'année suivante, des contaminations de la future pépinière sont tout à fait possibles par l'intermédiaire de débris végétaux. Il conviendra d'éviter ce type de situation ou de désinfecter soigneusement les abris. Pour maîtriser le développement de ce nématode sur les cultures florales, des applications foliaires de divers insecticides (Aldicarbe*, Parathion...) sont souvent préconisées avec succès. Dans le cas de ces cultures, la notion de résidus de pesticides est moins importante. En ce qui concerne le tabac, de tels traitements sont rarement envisageables étant donné la faible incidence de la maladie. Dans le cas de fortes attaques, ils devront être discutés avec votre technicien et ne pourront être envisagés que préventivement.

    Ce nématode étant hébergé par un grand nombre de mauvaises herbes, la lutte contre ces dernières sera soigneusement réalisée.

 

Lutte

  1. Méthodes culturales : rotation des cultures, choisir des boutures saines, brûler les feuilles infectées, éviter de mouiller les feuilles.
  2. Lutte chimique : Parathion 40 à 50 g de matière active /hl. Aldicarbe 10 g de M.A. /10 m².

 

 

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Date de dernière mise à jour : 12/11/2018