Aedes albopictus - Stegomyia albopicta - Moustique-tigre

 

Le moustique-tigre (Aedes albopictus ou Stegomyia albopicta selon que Stegomyia est reconnu comme sous-genre d'Aedes ou genre à part entière), est un insecte de la famille des Culicidae, originaire d'Asie du sud-est. C'est l'une des cent espèces les plus invasives au monde, étant actuellement présente dans 100 pays sur les cinq continents. Pour croître les larves ont besoin d'au moins environ 1 cm d’eau stagnante durant cinq jours.

Aedes albopictus

 

Description de cette image, également commentée ci-après

Moustique-tigre.

Classification

Règne

Animalia

Embranchement

Arthropoda

Classe

Insecta

Ordre

Diptera

Famille

Culicidae

Sous-famille

Culicinae

Genre

Aedes

Sous-genre

Aedes (Stegomyia)

 

Nom binominal

Aedes albopictus
(Skuse, 1894)

Synonymes

  • Culex albopictus Skuse, 1894 (protonyme)
  • Stegomyia albopicta (Skuse, 1894)

Description de l'espèce

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a2/Mosquito_GSACS.jpg/220px-Mosquito_GSACS.jpg

Aedes (Stegomyia) albopictus surnommé « moustique tigre », bien caractérisé par une ligne blanche longitudinale unique visible sur le scutum (« dos » du moustique).

Le moustique-tigre se reconnait par la présence d'une ligne longitudinale blanche en position centrale sur son thorax noir, visible à l'œil nu.

Il doit son nom à ses rayures qu’il porte sur ses pattes et qu'il partage avec les espèces du même sous genre Aedes (Stegomyia).

Cycle biologique

Ce moustique se développe majoritairement en zone urbaine. La femelle pond dans les eaux stagnantes et principalement dans les gîtes anthropiques, c'est-à-dire créés par l'homme, par exemple dans les vases, soucoupes de pots de fleurs, gouttières mal vidées, vieux pneus, récipients en fer ou en plastique abandonnés, mais aussi dans les flaques d'eau après les fortes pluies. Par des températures comprises entre 25 et 30°C, les femelles pondent en moyenne 74 œufs tous les 3-4 jours.
La moitié des femelles vit 29 jours à 25° et 32 jours à 30 °C.

Comportement

C'est une espèce agressive qui pique de jour avec un pic d'agressivité au lever du jour et un autre au crépuscule. C'est la femelle, une fois fécondée qui pique les mammifères ou les oiseaux pour absorber du sang dans lequel elle trouvera les protéines nécessaires à sa progéniture. Ce n'est pas directement le sang bu sur la précédente victime qui infecte la suivante, mais la salive que le moustique-tigre injecte dans sa victime pour fluidifier le sang.

Expansion

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Aire de répartition du moustique-tigre (2007). Depuis il s'est étendu notamment en France.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/87/Global_Aedes_albopictus_distribution_2015.png/250px-Global_Aedes_albopictus_distribution_2015.png

Prévision pour 2015 de l'aire de répartition du moustique-tigre

Avec l'expansion des transports, l'aire de répartition de ce moustique ne cesse de se modifier, avec des risques sanitaires préoccupants. Depuis quelques décennies, il est en forte expansion à travers le monde, même en zone non-tropicale. Le transport ou le stockage de vieux pneus dans lesquels de l'eau stagne toujours (de par la forme du pneu) semble servir de véhicule principal. En Amérique, on pense que c'est de cette manière qu'il est parvenu à Houston aux États-Unis, d'où il a conquis une majeure partie du continent américain.
Le réchauffement climatique pourrait être un facteur d'expansion vers les zones tempérées et plus en altitude. On cherche à comprendre les facteurs génétiques liés à cette possibilité.

Asie

Le moustique tigre est originaire de l'Asie du Sud-Est.

Il s'est étendu à l'Afrique, aux Amériques, et à l'Europe dès 1979. Une fois passé un certain stade, ses œufs sont résistants à l'absence d'eau.

 

Amérique

En Amérique continentale la première introduction s'est produite aux États-Unis en 1985 et au Brésil dès 1986. Il a ensuite envahi le Mexique où il a été détecté en 1988, premier pays du continent infecté par le DEN-1 et le DEN-3. La route d'invasion est passée par l'Amérique centrale, le Guatemala, le Honduras, le Salvador, le Nicaragua et Panamá (Cuellar-Jiménez et al, 2007) et la mer Caraïbe aux îles Caïman, la République dominicaine, Cuba et Trinité-et-Tobago, et en Amérique du Sud, au Brésil il s'est propagé dans 20 des 27 États et deux génotypes sont présents. En Colombie il a été signalé à Leticia en 1998, Buenaventura en 2001, Cali en 2007 et la côte caraïbe colombienne essentiellement Barranquilla et Carthagène en 2014, et en Argentine en 1998 au nord de la province de Misiones, zone où il perdure, plus récemment (2009) à Caracas, Venezuela.

En Floride, en 2016, des moustiques OGM OX513A sont utilisés pour contrer la prolifération du moustique qui contamine les américains avec le virus Zika. Le moustique OGM a été autorisé par l’Agence américaine des aliments et des médicaments.

Europe

En Europe : ce moustique est arrivé en Catalogne vers 2005. Depuis le début des années 1990, il est très présent sur une grande partie de l'Italie où il a été découvert pour la première fois à Gênes dans un dépôt de vieux pneus importés. Il est particulièrement abondant en Romagne surtout dans les villes de la province de Ravenne ainsi que dans la région de l'Abruzze et Molise entre Vasto et Termoli. On le trouve également ponctuellement dans d'autres pays d'Europe méditerranéenne comme le Monténégro et la Croatie, à Malte et il a été repéré en Allemagne, en France et en Belgique en 2000 et 2013  et aux Pays-Bas en 2007, ou encore en Albanie. En novembre 2007, il a été repéré pour la première fois au nord des Alpes, dans le canton suisse d'Argovie.

France métropolitaine

En France métropolitaine, les moustiques sont suivis par département et par commune. Par exemple, lorsque le moustique est détecté à Toulouse, le moustique est déclaré présent à la fois dans la commune de Toulouse et dans le département de la Haute-Garonne, ce qui peut donner deux manières subjectivement différentes de percevoir une même réalité.

Toutefois, la prolifération du moustique tigre est aussi de la responsabilité des particuliers, car 80 % de la population réside chez des particuliers.

Niveau

Description

Niveau 0

« moustique tigre » ni présent ni observé

Niveau 0b

Interception ponctuelle du « moustique tigre », dont l’installation a pu être évitée

Niveau 1

« moustique tigre » présent et actif dans des proportions très diverses : parfois dans la quasi-totalité du département, parfois dans quelques communes seulement

 

https://fr.wikipedia.org/api/rest_v1/page/graph/png/Aedes_albopictus/0/5d474b8935a167492f02b3a8d126c6cfb2c4c998.png

Source [PDF]:

https://fr.wikipedia.org/api/rest_v1/page/graph/png/Aedes_albopictus/0/af8c54cd74e8fc97aceca1fa9c54aa1c7626d893.png

Source

En France métropolitaine, l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID-Med) a été l'un des premiers acteurs confrontés à cette problématique. Après quelques tentatives d'installation sur des zones de stockage de vieux pneus, d'où il avait été éradiqué, il a réussi depuis 2004 à s'établir durablement sur la côte des Alpes-Maritimes et en 2006 en Haute-Corse, principalement dans la région de Bastia. Il y a eu beaucoup d’autres détections depuis 2006.

Au printemps 2008, il semble également certain qu'il ait été identifié (interception) dans la région de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

En septembre 2008, on peut le rencontrer dans le Var, signalé à Saint-Raphaël, Fréjus, Roquebrune-sur-Argens, Toulon et Hyères.

Le « moustique tigre » est arrivé à Marseille en 2010.

Entre 2006 et 2012 il a colonisé la Corse, les Alpes-Maritimes, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, le Gard, l'Hérault. Il a aussi été détecté en Ardèche, dans l'Aude, les Pyrénées-Orientales, dans le Cantal (Auvergne), à Marmande (Lot-et-Garonne) et continue de progresser vers le Nord : il a même été détecté aux portes de Paris.

En juillet 2014, cette espèce est désormais « implantée » dans 19 départements du sud de la France (Gironde, Lot-et-Garonne, Tarn, Haute-Garonne, Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Gard, Ardèche, Vaucluse, Isère, Rhône, Drôme, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Corse du Sud et Haute-Corse) .

Il a été détecté en août 2014 en Vendée, et signalé en novembre de la même année dans le Bas-Rhin.

En 2015, le « moustique tigre » continue son avancée avec 30 départements où il est présent et actif. La même année, la pose de pièges a montré que l'on pouvait trouver jusqu'à 2 000 œufs sur un carré 5×5 cm, à Meylan en Isère.

Le département de la Savoie, surveillé depuis 2009 a été classé au niveau 1 du plan national, il est donc considéré comme implanté et actif dans ce département.

Pour les départements non encore colonisés à ce jour, l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée), opérateur public, est l'organisme chargé de la surveillance dans le grand sud (PACA, Occitanie) ainsi que dans les régions Centre et Île-de-France. Il coordonne, en outre, l’ensemble des actions de surveillance menées par les opérateurs sur le territoire métropolitain.

En mai 2016, l'un des objectifs des autorités est d'entreprendre la démoustication autour du domicile des personnes infectées par la dengue ou zika, ou encore l'information des voyageurs de retour d'une zone épidémie active, qui doivent continuer à se protéger car ils restent porteurs de maladies transmissibles via les moustiques locaux durant encore cinq à dix jours.

Espagne

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Distribution du moustique en Catalogne

L'origine de la population espagnole de moustique tigre est inconnue. On suppose qu'il est arrivé en Espagne en provenance d'Italie. Il est détecté pour la première fois en août 2004 à Sant Cugat del Vallès, près de Barcelone, par le Servei de Control de Mosquits del Consell Comarcal de Baix Llobregat, il s'est étendu à la ville de Barcelone et ses alentours en 2005 et en 2006 et poursuit son expansion en Catalogne et autres zones de la péninsule Ibérique. Sa propagation en Catalogne semble profiter des véhicules qui voyagent quotidiennement entre la ville et ses alentours.

Autres pays européens

En Suisse, le 31 janvier 2016, Peter Lüthi, l’un spécialistes local des moustiques a indiqué dans l’hebdomadaire Schweiz am Sonntag, que le moustique tigre a été signalé un peu partout de manière sporadique, à l'exception du Tessin où « la situation n’est pas totalement sous contrôle. ». En Belgique il est observé sporadiquement.

Vecteur de maladies

Le chikungunya

Seules les femelles sont vectrices du virus du chikungunya, car les mâles ne piquent pas. Les moustiques se contaminent en absorbant le sang d'un humain malade. Le virus se multiplie alors dans les cellules de l'insecte, en particulier son tube digestif, et finit par atteindre les glandes salivaires après une incubation de 2 à 6 jours. Le moustique peut alors contaminer d'autres personnes. Des tests contrôlés réalisés à la Réunion ont montré que si ce moustique est capable de se nourrir sur de nombreuses espèces (caméléon, poule, rat, chien, chèvre...), l'Homme est choisi dans 70 à 90 % des cas dès lors que le moustique a le choix. En 2005, une épidémie de chikungunya frappe l'île de la Réunion, épidémie durant laquelle le moustique tigre s'avère être le principal vecteur de la maladie au détriment d'Aedes aegypti.

Article détaillé : Épidémie de chikungunya à La Réunion.

Une souche particulière du virus du Chikungunya nommée E1-226V, apparue après l'épidémie de 2005 se multiplie plus rapidement chez les femelles infectées, ce qui augmente encore les risques de transmission. En 2007, il a été reconnu responsable de la transmission du chikungunya en Italie (plusieurs dizaines de cas dans la province de Ravenne), ce qui est le premier cas de transmission connue en Europe. Pendant l'été 2010, des cas autochtones de dengue et de chikungunya ont été signalés dans les Alpes-Maritimes et le Var.

Depuis novembre 2013, une épidémie de Chikungunya sévit dans les Antilles (Petites et Grandes Antilles), la Guyane française et quelques foyers en Amérique du Sud. Au vu de la répartition du moustique Aedes sur le département américain, il existe une surveillance épidémiologique active des malades en région tropicale antillaise et aux États-Unis.

Depuis octobre 2014, une épidémie de chikungunya se répand en Polynésie française, plus de 40 000 cas recensés en décembre 2014, dont 95 % sur les îles de Tahiti et Moorea. Le chikungunya était absent de Polynésie où sévit également et pendant la même période une épidémie de dengue.

La dengue

La dengue est une maladie transmise par le moustique tigre.

En France métropolitaine, trois cas de transmission autochtone de dengue ont été recensés à Nice en 2010, dans le Var en 2014, et dans le Gard en août 2015.

Le virus Zika

Aedes albopictus est avec Aedes aegypti un des deux vecteurs identifiés du virus Zika. Il n'y a pas eu à ce jour de transmission avérée entre humains de Zika en Europe. La surveillance d’Aedes albopictus est cependant renforcée en 2016 dans plusieurs pays européens à la suite de l'épidémie observée en Amérique Latine.

Autres maladies en zone tropicale

En zone tropicale, cet insecte peut inoculer une trentaine de virus, propageant notamment l'encéphalite de Saint-Louis.

Lutte

En France, ces moustiques se retrouvent surtout en milieu urbain, dans les zones habitées, parce qu'ils y trouvent de la nourriture pour leurs œufs (en piquant), des eaux stagnantes pour pondre ainsi que des abris à l’ombre des arbres. Typiquement, les premiers cas en Europe ont été observés autour de dépôts de pneus, parfois importés depuis l'Amérique latine.

Cartographie de l'invasion

Le Centre national d'expertise sur les vecteurs (CNEV), un laboratoire communautaire de référence, propose de signaler toute présence de l'espèce en France sur un site Internet officiel dédié, le Portail de signalement du moustique tigre50.

Limiter la prolifération

La lutte antivectorielle (LAV) est un des moyens de lutter collectivement contre le développement du moustique tigre. Elle consiste à supprimer les gîtes larvaires à l'intérieur et à l'extérieur de son habitation ou à faire effectuer, par des professionnels, une lutte contre les moustiques adultes (traitement par un insecticide chimique ou biologique). Les ouvrages de gestions alternatives des eaux de ruissellement ne le favorisent pas : un recensement des larves fait de mai à novembre 2016 en région lyonnaise a montré que dans ces bassins (végétalisés et d'infiltration) seules quatre espèces de moustiques sur 37 présentes en région ont été trouvées et le moustique-tigre n’a été détecté dans aucun ouvrage alternatif alors qu’il a été vu dans la zone.

Larves de moustiques

Le « moustique tigre » ne se déplace généralement que sur une centaine de mètres maximum. Dès lors, si une personne se fait piquer à son domicile ou dans son jardin, il y a de fortes chances qu'il soit né à proximité.

Les principales recommandations pour diminuer le nombre de larves de moustiques sont de :

  • supprimer les endroits où l’eau peut stagner : petits détritus, encombrants, bâches plastiques, pneus usagés, déchets verts. À défaut, ces endroits peuvent être remplis par du sable ou de la terre. Les moustiques sont en effet attirés par les eaux stagnantes, dans lesquelles ils viennent se reproduire.
  • changer l’eau des fleurs et des plantes une fois par semaine, supprimer les soucoupes des pots de fleur, ou de remplacer l’eau des vases par du sable humide.
  • vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées et nettoyer régulièrement gouttières, regards, caniveaux et drainages.
  • couvrir les réservoirs d’eau avec un voile moustiquaire ou un simple tissu : bidons d’eau, citernes, bassins.
  • couvrir les piscines hors d’usage et évacuer l’eau des bâches ou traiter l’eau : eau de Javel, galet de chlore.

Moustiques adultes

Les principales recommandations pour éliminer les lieux de repos des moustiques adultes sont d'entretenir régulièrement le jardin et espaces verts :

  • débroussailler et tailler les herbes hautes ainsi que les haies,
  • élaguer les arbres,
  • ramasser les fruits tombés et les débris végétaux,
  • réduire les sources d’humidité, en limitant par exemple l’arrosage.

Protection humaine

Afin de lutter contre le risque de transmission de maladies par cet insecte, le ministère de la Santé a émis plusieurs conseils, notamment à la suite de la découverte de spécimens en France. Le ministère de la Santé conseille notamment de porter des vêtements recouvrant au maximum le corps.

Les principales recommandations pour la protection individuelle sont de :

  • porter des vêtements longs et protéger les pieds et chevilles;
  • aménager l’habitat (moustiquaires sur les lits et berceaux, grillage anti-moustiques aux fenêtres et portes, utilisation de ventilation et/ou de la climatisation);
  • utiliser des produits répulsifs cutanés.

Outre ces précautions de base qui permettent d'éviter d'augmenter le nombre de moustiques, il est également possible de s'équiper de pièges spéciaux pour les moustiques tigres (éviter les appareils à lampe ultra-violet qui tuent tous les autres insectes nocturnes sans toucher aux moustiques tigres)

Recherches

Des recherches sont actuellement en cours pour tenter de maîtriser le développement des populations, à la Réunion et en Italie, par la technique dite de l'insecte stérile. Il s'agit de relâcher des millions de mâles stérilisés (par irradiation ou transgénèse) qui s'accouplent avec les femelles au détriment des mâles sauvages.

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