Nyctereutes procyonoides - Chien viverrin

Le chien viverrin (Nyctereutes procyonoides) ou « chien martre » (de l'allemand « Marderhund ») est également appelé « Racoon dog » par les Anglais et « Wasbeerhond » par les Néerlandais, ce qui signifie littéralement « chien raton laveur ». Il est également connu sous le nom japonais de tanuki.

Le chien viverrin est une espèce de mammifères carnivores qui ressemble à un raton-laveur, mais appartient de fait à la famille des canidés, dont il est le seul représentant à hiberner1,2,3,4. C'est la seule espèce actuelle du genre Nyctereutes.

Ce canidé à la morphologie trapue est davantage un opportuniste alimentaire qu'un réel prédateur. Charognes, œufs, insectes, oisillons, escargots, petits rongeurs, grenouilles et même crapauds au venin desquels il semble résister, constituent l'essentiel de son régime alimentaire enrichi toutefois de quelques végétaux type baies ou champignons. Durant l'automne, le poids du viverrin augmente considérablement afin de lui permettre de constituer des réserves pour l'hibernation. Cependant, l'hibernation n'est pas systématique puisqu'elle dépend de la température. Si celle-ci ne descend pas au-dessous de −5 °C, ils peuvent rester actifs ou ne s'endormir que pour quelques jours. De mœurs principalement nocturnes, ce sont des animaux plutôt discrets et solitaires et l'on n'observe pas de structure sociale aussi élaborée que chez d'autres canidés, bien que certains individus apprécient la présence de leurs congénères.

Originaire de l'Asie de l'Est, le chien viverrin a été élevé intensivement pour sa fourrure en Europe et en Russie notamment pendant le XXe siècle. Des spécimens se sont échappés ou ont été introduits pour augmenter la production et ont formé depuis des populations dans l'Europe de l'Est. Il est actuellement en pleine expansion dans le reste de l'Europe, où sa présence est indésirable car il est considéré comme une espèce nuisible et invasive.

Nyctereutes procyonoides

 

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Un chien viverrin (Nyctereutes procyonoides)
à Kurikka, en Finlande.

Classification selon MSW

Règne

Animalia

Embranchement

Chordata

Sous-embr.

Vertebrata

Classe

Mammalia

Cohorte

Placentalia

Ordre

Carnivora

Sous-ordre

Caniformia

Famille

Canidae

Genre

Nyctereutes

 

Nom binominal

Nyctereutes procyonoides
(Gray, 1834)

Statut de conservation UICN

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LC : Préoccupation mineure

Morphologie

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Un spécimen au zoo d'Ueckermünde en Allemagne.

Le chien viverrin est un canidé au corps longiligne, avec de courtes pattes et un pelage épais aux poils longs et soyeux. Chez l’adulte, la longueur tête et corps varie de 80 à 110 cm, auquel il faut ajouter une queue de 15 à 25 cm. La hauteur au garrot avoisine 35 à 40 cm. Le chien viverrin est le seul canidé à posséder un masque facial sombre. Il ressemble au raton laveur et au loup par sa silhouette, son masque facial et ses poils longs. Cependant, son masque facial est interrompu au niveau du nez alors qu'il est continu chez le raton laveur et sa queue courte est de couleur unie, contrairement au raton laveur dont la queue est longue et annelée. Son poids varie en fonction du sexe, de l’âge et des saisons et oscille entre 4 et 6 kg en été et entre 6 et 10 kg en hiver. Il existe également un chat viverrin.

Répartition géographique

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Aire de répartition du Chien viverrin. En bleu où l'espèce est autochtone, en rouge où elle est introduite.

Origine

Originaire d'Extrême-Orient, jusqu'au début du XXe siècle son aire était limitée à l’Asie de l'Est et couvre la région de l’Amour-Oussouri en Russie, la Corée, la Chine orientale, la Mongolie, le Japon et le nord de l’Indochine.

Situation en Europe

Introduction en ex-URSS

Entre 1928 et 1955, plus de 9 000 sujets ont été lâchés dans la partie européenne de l’ex-Union soviétique en vue d’y augmenter la production de fourrures. En effet, la fourrure de cet animal était très prisée et servait en particulier à produire des vêtements pour l'armée soviétique. Les premières introductions ont eu lieu en 1928 en Ukraine, suivies d'autres expériences d'introduction dans le milieu naturel, dans les régions européennes et quelques régions asiatiques de l’ancienne URSS, depuis la Carélie jusqu’en Moldavie en passant par la Baltique, la Biélorussie et l’Ukraine, ainsi que dans des secteurs de la Russie, le Caucase, le Kazakhstan et l’île de Sakhaline en Asie extrême-orientale. Dans les années 1940–1950, l'élevage du chien viverrin s'est intensifié en URSS, en particulier en raison des besoins importants de l'armée rouge au cours de cette période. Des animaux échappés de ces élevages sont alors venus renforcer les populations sauvages. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les besoins en fourrure n'étant plus si importants, de nombreux élevages ont fermé et les animaux furent lâchés. Plus de 9 000 animaux furent lâchés entre 1948 et 19557.

Entre 1935 et 1984, le chien viverrin a colonisé 1,4 million de kilomètres carrés de territoire. Il est jugé fréquent dans les régions situées en Russie, dans le sud de la Finlande, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie, en Biélorussie, en Ukraine, en Moldavie, dans le nord et l’est de la Pologne et dans l’est de la Roumanie. Son expansion s'est ralentie dans les années 1970, en raison du manque d’habitats appropriés et du fait également d'un taux de mortalité élevé (chasse, capture et accident avec des automobiles). Au cours des années 1990, un regain d’expansion a été enregistré en Allemagne, mis en évidence par une augmentation très sensible du nombre d'animaux tués par les chasseurs:

Nombre de chiens viverrins tués par la chasse en Allemagne

Saison de chasse

Nombre d'animaux tués

1991/1992

12

1994/1995

204

1997/1998

1 735

2000/2001

7 161

2003/2004

18 634

Situation de l'espèce en France

   

En France, les observations de chiens viverrins restent encore marginales et ne laissent pas présager une installation durable avec une population importante. Observés sur le territoire depuis les années 1970, particulièrement en Alsace et en Lorraine, et bien que les conditions naturelles leur soient plutôt favorables, les effectifs de ces animaux ont peu progressé en 30 ans en France. Le premier signalement certain a été recueilli en 1975 en Moselle, à Schwerdorff, localité frontalière avec l’Allemagne. Une enquête de 20055 a permis de recenser 74 observations détaillées, dont 15 sur la base de dépouilles, crânes et clichés. Ces mentions proviennent de 11 départements dont 7 dans l'Est du pays. Des cas de reproduction in natura ont été enregistrés en Haute-Saône. La répartition hétérogène de ces observations dans l'espace et dans le temps suggère deux scénarios à l'origine de la présence de l'espèce sur le territoire français. Les observations réalisées dans l'Est du pays (Moselle, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Saône et Vosges) correspondraient pour l'essentiel à des individus provenant des proches populations allemandes. Celles réalisées dans les départements éloignés de cette frontière correspondraient à des individus évadés de parcs zoologiques ou de chez des particuliers, l'espèce étant réputée ne pas réaliser de déplacements sur de longues distances. Le développement des populations de chiens viverrins, en France, semble donc lié à l'évolution de l'espèce dans l'ouest de l'Allemagne.

Un chien viverrin a été capturé le 15 avril 2015 à Mouthier en Bresse en Saône-et-Loire9. C'est la première observation confirmée dans ce département, même si la présence du chien viverrin y est soupçonnée depuis le début des années 1990.

L'arrêté du 24 mars 201410 ajoute le chien viverrin à la liste des animaux nuisibles sur l'ensemble du territoire français. Il peut être piégé toute l'année et peut être détruit à tir sur autorisation préfectorale pendant la période de fermeture de la chasse.

Exploitation de la fourrure du chien viverrin

 

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Deux chiens viverrins.

La fourrure du chien viverrin est très demandée pour sa qualité et l'animal est intensivement chassé au Japon où il représente 11 % des animaux tués. En Russie, l'élevage de chiens viverrins pour leur fourrure a commencé en 1928. À partir des années 1940, on leur a préféré l'élevage de renard roux, plus cher. Une étude de 2004 montre que l'élevage de chiens viverrins pour leur fourrure atteignait 1,5 million d'animaux.

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Chien viverrin captif.

En 2011, une vidéo de la Bardot montre de mauvaises conditions de production de fourrure chiens viverrins ; vidéo qui marque l'opinion publique, sans provoquer de réaction notable des pouvoirs publics.

En Europe, la fourrure de chien viverrin n'est pas illégale car au sens du droit européen, il n'est pas classé comme un chien (l'espèce Nyctereutes procynoides est seulement un canidé, mais ne fait pas partie du genre Canis). Les associations de défense des animaux ont montré qu'on retrouve facilement de la fourrure de chien viverrin en Europe, notamment dans les boutiques de mode de Londres, ou sous forme d'objets de décoration étiquetés fausse fourrure. Cependant, les marques utilisent parfois une erreur de traduction sur les étiquettes, le traduisant par « raton-laveur » qui se nomme « Raccoon » en anglais alors que le chien viverrin se nomme « Raccoon dog » pour éviter un blocage psychologique et affectif

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 23/12/2018