Globodera pallida- Nématode blanc de la pomme de terre

Le nématode blanc de la pomme de terre (Globodera pallida), appelé aussi « nématode à kystes de la pomme de terre », est un nématode endoparasite des racines de plantes de la famille des Solanaceae, telles que la pomme de terre et la tomate.

Ces parasites provoquent des retards de croissance et, en cas de très fortes densités de population, des dégâts aux racines ainsi qu'une sénescence précoce des plantes. Les nématodes ne sont pas indigènes en Europe mais proviennent des Andes. Les champs sont indemnes de nématodes jusqu'à ce que se produise une introduction, après quoi des taches typiques apparaissent dans les cultures. Ces taches peuvent s'étendre jusqu'à une infestation totale du champ si elles ne sont pas contrôlées. Les baisses de rendement peuvent atteindre 60 % en cas de forte pullulation.

Globodera pallida

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Dégâts de nématode à kystes sur pommes de terre (source FDACS)

Classification

Règne

Animalia

Embranchement

Nematoda

Classe

Secernentea

Ordre

Tylenchida

Super-famille

Tylenchoidea

Famille

Heteroderidae

Sous-famille

Heteroderinae

Genre

Globodera

Espèce

Globodera pallida
(Stone1972)

Biologie

Les œufs éclosent en présence de Solanoéclépine A, substance sécrétée par les racines des plantes-hôtes (exsudat racinaire). Les larves envahissent ensuite l'extrémité des racines et établissent un site nourricier (syncitium). Les variétés de pomme de terre sensibles ou résistantes peuvent souffrir de retard de croissance en cas d'infestation de basses et moyennes densités. En cas de très fortes densités de populations, le système racinaire peut souffrir de dommages mécaniques (Seinhorst, 1986). Les individus femelles enflent et apparaissent sous forme de kystes à la surface des racines, chacun contenant jusqu'à 400 œufs. Dans les régions tempérées, il n'y a qu'une génération par an. Une deuxième génération est parfois signalée dans les pays méditerranéens. Les kystes peuvent aussi se trouver sur la peau des tubercules. Les années sans hôtes, une certaine partie des œufs peuvent éclore (éclosion spontanée). Les œufs peuvent survivre jusqu'à vingt ans dans ces kystes.

Lutte

La vitesse de dissémination des nématodes d'un champ à l'autre peut être réduite par le nettoyage des équipements susceptibles d'être contaminés par un sol infesté avant de les déplacer et par l'utilisation de plants certifiés indemnes de nématodes. Si possible, rechercher des plants de pomme de terre produits dans des champs déclarés indemnes de nématodes à kystes en utilisant un schéma d'échantillonnage du sol AMI-intensive (disponible actuellement seulement aux Pays-Bas). Des pesticides peuvent être employés, mais ils ne permettent pas d'éradiquer totalement les nématodes. Ils autorisent seulement une amélioration du rendement et ne sont rentables qu'en cas de très fortes infestations, lorsque le gain financier obtenu grâce au surplus de rendement dépasse le coût d'application du pesticide. Une rotation d'au moins six ans entre deux cultures sensibles est un moyen efficace de réduite la densité des populations de nématodes et d'abaisser le seuil des dégâts. Cependant, la meilleure manière de gérer les nématodes à kyste est le recours à des variétés de pomme de terre résistantes (partiellement). Pendant les années 2000, de nombreuses variétés ont été sélectionnées qui sont capables de limiter les dégâts et de maintenir les espèces de nématodes à kystes sous le seuil de détection, sans utilisation de pesticides. Les recommandations officielles et les prescriptions en matière de rotation culturale varient selon les pays.

La Morelle de Balbis peut être utilisée comme culture-piège pour traiter une parcelle infestée.

Les nématodes à kystes du genre Globodera sont des parasites obligatoires présentant une grande spécificité d’hôte. La plupart des espèces sont inféodées aux Solanacées, alors que d’autres se développent sur Astéracées et Rosacées. Originaires des Andes, les espèces Globodera pallida et G. rostochiensis ont été introduites en Europe au cours du XIXe siècle. La pomme de terre est la principale plante hôte de ces nématodes, mais on recense également la tomate et l’aubergine. Ces nématodes peuvent provoquer d’importantes diminutions de rendement ainsi que des pertes d’ordre qualitatif en cas de fortes attaques. Dans ce cas, les symptômes de « piqûres » visibles sur tubercules peuvent rendre la production non commercialisable.

La sélection variétale de pomme de terre résistant à Globodera sp, parasites de quarantaine, consiste à rechercher des gènes de résistance et à les transférer dans du matériel tétraploïde d’intérêt agronomique. Une résistance polygénique a été trouvée chez Solanum vernei (espèce diploïde) dont l’hérédité est telle que la probabilité de détecter, par des tests individuels, des génotypes résistants issus de croisements est très faible. Le souci majeur d’un sélectionneur étant de disposer en un minimum de temps de génotypes résistants, nous avons développé un test de descendance préalable au test individuel, qui a offert une aide intéressante pour la sélection de résistances polygéniques.

1. MATÉRIEL ET MÉTHODES

1.1. Le matériel

- Pots 9 X 9 cm

- Loupe binoculaire

- Agrafes universelles galvanisées VR16 (préparation de l'inoculum)

- Homogénéisateur TURBULA (voir photo ci-contre)

- Filtres en disque diamètre 10 cm (extraction acétone) et diamètre 19 cm (extraction Elutriateur)

1.2. Le matériel végétal Les plants sont obtenus soit par tubercules issus de graines pour le test de descendance, soit par tubercules reproduits par voie végétative pour les tests individuels. La variété Désirée est utilisée comme témoin sensible dans les deux cas.

 1.3. L’inoculum

Ces nématodes sont des parasites telluriques enkystés contenant 200 à 1000 œufs. L’éclosion des œufs contenus dans les kystes est favorisée par l’humidité et par des exsudats radiculaires de pomme de terre. La jeune larve éclose perfore l’épiderme des radicelles de la plante-hôte, pénètre dans les tissus, progresse à travers les cellules et induit la formation d’une cellule nourricière : un syncytium. Au bout de vingt jours, les mâles sortent des racines tandis que les femelles grossissent et deviennent piriformes. Ceci induit l’éclatement de l’épiderme mais les femelles restent fixées à l’hôte par la tête. La reproduction sexuée entraîne le développement des œufs dans la femelle qui se transforme en kyste et meurt. Ces kystes se détachent alors et restent dans le sol. Leur durée de vie est supérieure à cinq années.

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1.4. Préparation de l’inoculum et mise en culture Dix kystes par plante à tester sont regroupés dans un sachet fabriqué avec un tulle d’un maillage de 250 µm et fermé avec une agrafe à grillage de clôture. L’ensemble des sachets pour la mise en place d’un test est réhydraté dans un récipient d’eau du robinet pendant trois jours à température ambiante avant d’être déposé dans un pot à demi rempli d’un mélange 2/1 de terre végétale tamisée (tamis de 4 mm de maillage) et de sable de rivière. Le tubercule est posé sur le sachet de kystes et l’ensemble est recouvert du même mélange de substrat. Un arrosage est effectué à la base des pots. Cette réhydratation par capillarité évite ainsi au sol de se compacter lors des trois mois de culture. Les conditions de culture en serre S2 sont de 20°C et 16 h de photopériode.

1.5. Descriptif des tests de résistance et extraction des kystes néoformés

1.5.a. Les tests de descendance Quarante tubercules issus d’un même croisement végétal sont plantés isolément en pot et inoculés. Après 3 mois de culture, arrêt d’irrigation et sénescence des plantes, le substrat sec contenu dans les pots est regroupé en 4 lots de 10 plantes. Une première homogénéisation par tamisage avec un tamis métallique de 2 mm de maillage est effectuée pour ces 4 lots en prenant la précaution d’éliminer les tubercules néoformés et racines qui pourraient gêner l’homogénéisation. Cet ensemble est pesé avant de subir pendant 7 minutes une deuxième homogénéisation grâce à un appareil TURBULA. Pour finir, un dixième du poids de substrat de chaque lot est pesé et les kystes sont dénombrés par comptage sous la loupe binoculaire.

1.5.b. Les tests individuels Quatre tubercules issus d’un génotype identifié comme résistant à l’issue du test de descendance sont plantés isolément en pot et infestés. Après culture, les kystes de chaque pot seront dénombrés.

 

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