TAILLER EST UNE NECESSITE

Tailler est une nessite

1/ Le rôle de la taille

La taille permet d’encourager la reprise de l’arbre ou de l’arbuste nouvellement planté, de stimuler la ramification et la floraison, de donner une seconde jeunesse à un arbre ou un arbuste vieillissant.

 

  1. Assurer une bonne reprise à la plantation

    La taille lors de la plantation a pour but d’encourager la ramification des racines, s’il s’agit d’un arbre ou d’un arbuste à racines nues, et des parties aériennes (les branches) : c’est la garantie de la reprise de la croissance des plantes dans votre jardin.

  • Arbre à feuillage caduc : équilibrer branches et racines. Les arbres ou arbustes au feuillage caduc achetés à racines nues doivent être plantés entre novembre et mars. La taille lors de la plantation concerne alors les branches et les racines. On appelle habillage l’opération qui consiste à écourter les racines de quelques centimètres lors de la plantation. Cette coupe favorise la formation de nombreuses petites racines, les radicelles, qui assurent une bonne alimentation de la plante et un bon ancrage au sol. Lors de la plantation, coupez également les branches mortes ou cassées. Raccourcissez d’environ un tiers de leur longueur les branches conservées, en respectant la silhouette générale et en équilibrant le volume des racines et des branches.
  • Arbre en motte ou en container : une taille légère. Un arbre ou arbuste à feuillage persistant livré en motte doit être planté de préférence au printemps, en mars. Un sujet en conteneur peut être planté à tout moment de l’année. Contentez vous de réduire le volume des branches de manière à ce qu’il soit en rapport avec celui de la motte. Éliminez les branches grêles ou abîmées. Lorsqu’il s’agit d’arbustes à fleurs livrés en conteneur, ne les taillez pas si vous les plantez avant ou pendant la floraison.

 

  1. Former un jeune arbre ou un arbuste

Laissez la plupart des arbustes d’ornement se développer de façon naturelle. Par la taille, ne cherchez qu’à accentuer le port naturel de l’arbre, vous aiderez la nature dans son nettoyage de bois mort. La taille de formation n’est en général pas nécessaire pour les arbustes d’ornement, sauf pour les arbustes conduits sur tige (althéa, par exemple). Elle est de courte durée, se pratique durant un à deux ans. Durant les premières années de sa vie, un jeune arbre fruitier forme son tronc et ses branches, en un mot sa charpente. La taille est effectué pour réduire son encombrement, d’autre part pour le protéger des gelées printanières (abricotier et pêcher notamment), on peut être amené à le guider et le tailler pour qu’il prenne une forme particulière : une silhouette en volume (demi-tige, fuseau ou gobelet) : une forme plate (palmette, cordon) pour les arbres fruitiers : ou une forme buissonnante pour les arbres conduits en cépée (chêne). Vous devez aussi à veiller à la bonne disposition des branches charpentières dans l’espace, tout en limitant leur nombre. Cette taille se pratique en hiver, en dehors des périodes de gel, pendant le repos de la végétation.

  1. Entretenir un arbre ou un arbuste

Si vous ne taillez jamais un arbre ou un arbuste, il va devenir encombrant. Ses branches trop nombreuses vont rendre la ramure touffue, celle placée au cœur de l’arbre seront mal éclairées et mal aérées, ce qui est la porte ouverte aux parasites et aux maladies. Des gourmands, rameaux stériles (non fructifères) très vigoureux, se développeront, détournant à leur profit une bonne partie de la sève, déséquilibrant la silhouette de l’arbre. La taille d’entretien poursuit donc deux objectifs : garder les végétaux en bonne santé ; maintenir une forme harmonieuse.

  • Pour préserver la santé des arbres : Mieux vaut prévenir que guérir. La plupart des maladies peuvent être évitées par les soins réguliers. En effet, de nombreuses maladies se développent plus facilement sur des branches abîmées, qu’elles affectent à la faveur d’une blessure de l’écorce. De là, elles peuvent à loisir s’étendre aux parties saines. Toutes les branches cassées ou dont l’écorce est endommagée doivent être coupées jusqu’à la partie saine. Les branches bien éclairées, celles de la périphérie de la ramure ou du buisson dans le cas d’un arbuste, sont plus vigoureuses, connaissent la croissance la plus forte, et produisent le plus de fleurs. La taille doit s’efforcer de dégager le centre du buisson ou de l’arbre afin que toutes les parties des branches reçoivent beaucoup de lumière. Pour cela, on coupe toutes les branches faibles du cœur de l’arbre ou de l’arbuste et celles qui se croisent.
  • Pour conserver une silhouette élégante : les arbres et les arbustes ont besoin d’être bien proportionnés, et il est plus  agréable por l’œil de leur voir développer une forme harmonieuse. Par la taille, supprimez les gourmands, ces rameaux très vigoureux qui poussent verticalement, détruisant la silhouette de la plante. Pour les arbres, cette taille d’entretient prend le nom d’élagage. Elle ne doit pas obligatoirement être effectuée tous les ans, notamment pour les arbres. Intervenez tous les trois à cinq ans selon les espèces, voire moins souvent pour les arbres de forêt, comme le chêne ou le châtaignier. Sur les espèces à fleurs et fruitières, cette taille d’entretien se double d’une taille de floraison ou de fructification, encourageant la production de nombreux fruits et fleurs. L’élagage est indispensable pour limiter l’ampleur prise par un arbre en particulier dans un petit jardin. De plus, les branches basses, moins bien alimentées en sève, dépérissent au fil des ans. L’arbre se dégarnit. Les branches maîtresses devenues trop longues, menaçant de casser, sont alors sévèrement raccourcies. Ne coupez jamais verticalement, mais en oblique, la coupe regardant vers le ciel. Ainsi les eaux de pluie s’écouleront facilement. Evitez que le bois n’éclate en pratiquant d’abord une incision de quelques millimètres sous la branche ou le rameau avant de scier par-dessus. Nettoyez les grosses plaies avec la serpette pour les rendre bien lisses : parez les plaies. Puis étalez du mastic cicatrisant ou du goudron de Norvège dès que le diamètre de la plaie excède 3 à 5 cm, en recouvrant largement les bords de la coupe.
  • La meilleure période : la taille d’entretien cherche à stimuler la croissance de la végétation. La meilleure période pour opérer est donc celle où la végétation sort du sommeil hivernal, en mars. Cependant sur les arbustes à fleurs de printemps, une taille pratiquée à cette époque supprimerait les boutons à fleur déjà formés depuis l’année précédente, aussi attendra-t-on la fin de leur floraison pour intervenir.
  • Couper à la bonne longueur : Faut-il tailler sévèrement ou couper d’une manière légère ? Tout dépend de la vigueur de l’arbre ou de l’arbuste. Une coupe courte entraînera une croissance vigoureuse, tandis qu’une taille réduite aux extrémités limitera la pousse. Ainsi un arbuste faible sera taillé court, alors qu’un sujet vigoureux sera à peine raccourci.

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  1. Sculpter des arbres ou des arbustes : les haies ne restent bien denses, bien touffues, et ne gardent une silhouette nette que si elles sont régulièrement taillées. Ne laissez pas la haie pousser de plus de 20 à 50 cm en hauteur chaque année. Si les arbustes poussent trop en hauteur, ils se dégarnissent généralement de la base.
  • Haies « libre » ou « stricte » : Les premières, les haies dites libres, se taillent de préférence au sécateur, afin de couper telle ou telle branche avec discernement. Cette taille consiste simplement à supprimer le bois mort et les branches qui se développent vers l’intérieur de la haie.
  • De la patience pour la formation : Les secondes, les haies régulières, demandent des coupes plus fréquentes, au moins deux fois par an. Commencez la taille dès la première année de plantation. S’il s’agit d’une haie de conifères, égalisez grossièrement les différentes faces de cette haie. Soyez plus sévère avec des arbustes à feuillage caduc : coupez les rameaux d’environ un quart de leur hauteur pour encourager leur reprise. Les années suivantes vous supprimerez entre 20 et 30 % de la pousse annuelle. Contentez-vous ensuite de laisser pousser cette dernière de 5 à 10 cm par an sur toutes les faces jusqu’à ce qu’elle ait atteint son volume définitif. Votre haie ne doit être ni trop large ni trop étroite. L’idéal est de lui façonner un profil à peine un peu plus large en bas qu’en haut : ainsi les branches basses reçoivent bien la lumière et ont tendance à se dégarnir. Une haie d’arbustes en formation se taille après la pousse du printemps, fin-début juin, et fin août-début septembre. Toutefois certaines espèces à croissance rapide demandent des interventions plus régulières entre mai et septembre. Ne taillez pas vos haies de conifères avant la mi-juillet. En coupant trop tôt (en juin par exemple), vous vous priverez des nuances de vert et de gris des jeunes pousses des conifères. Cependant ne taillez pas trop tard laissez aux plaies le temps de cicatriser avant l’hiver.

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  • Une cure de jeunesse régulière : les jeunes pousses des arbustes plantés en haie se situent toujours en majorité en haut de la haie. Aussi est-t-il difficile de maintenir de longues années une haie bien garnie à la base. Une taille sévère s’impose alors tous les dix ans environ. Au printemps réduisez la haie de la moitié de sa hauteur. Les arbustes auront un aspect désolant dans un premier temps, puis ils repartiront pour une seconde jeunesse. Tous les arbustes de haie tolèrent ce traitement radical, sauf les conifères.
  • L’art topiaire : c’est un art très ancien – Cicéron en parlait déjà – qui vient aujourd’hui réoccuper le devant de la scène. Il consiste à tailler des arbustes comme des sculptures. Les formes géométriques (les boules, les cônes, les cubes…) trouvent leur place au jardin comme au balcon, lorsque l’arbuste est cultivé en bac. Leur taille régulière est nécessaire au maintien de la forme. Lors de la taille, laissez-vous guider par votre œil. Pour les formes plus complexes, la taille ne suffit pas, il faut avoir recours à des carcasses en fil de fer sur lesquels les rameaux sont d’abord palissés pendant deux à trois ans. Ensuite il ne reste plus qu’à égaliser par une coupe régulière. Les trois, à quatre premières années, recherchez par la taille une ramification dense, bien répartie sur toute la hauteur et l’espace. Si vous devez avoir recours à une structure en fil de fer, placez celle-ci dès la plantation. Puis, dès la première année, palissez les branches au fur et à mesure de leur croissance en les attachant à leur support. Une fois formée, entretenez, la plante topiaire par des tailles régulières.

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  1. Faire fleurir ou fructifier

Cette intervention incite l’arbuste à fleurs ou l’arbre fruitier à produire des fleurs, puis des fruits. Sans cette taille, l’arbre ou l’arbuste devient très touffu, voire encombrant, et surtout ne produit plus que de fleurs, puis des fruits, petits et de qualité médiocre. En outre, vous connaîtriez une alternance prononcée, c’est-t-à-dire une année de production relativement abondante, suivie d’une saison sans fruits. D’autre part pour bien se développer et produire de beaux fruits, les branches ont besoin de lumière. Avec la taille de fructification, on s’efforce en permanence d’équilibrer la ramure, de bien répartir les branches dans l’espace afin que celles-ci reçoivent un maximum de lumière et ne se gênent pas les unes aux autres. La taille visera à encourager la formation d’une ramification dense et jeune : ce sont les rameaux les plus jeunes qui portent de nombreuses fleurs.

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  • Les formes palissées : La taille de fructification est indispensable, chaque année, pour les arbres fruitiers palissés (pommier, poirier, pêcher, vigne…). Elle à pour objectif de conserver la forme de l’arbre et de maintenir la production de fruits proche des branches principales, les charpentières. Elle s’effectue pendant le repos de la végétation, en dehors des périodes de gel : c’est la taille en sec. Procédez plutôt à la taille en fin d’hiver, c’est-à-dire en février-mars, à un moment où vous pouvez sans ambiguïté distinguer les bourgeons qui donneront des fleurs de ceux qui produiront de jeunes rameaux. Le gonflement des bourgeons vous permet alors de bien différencier les boutons à fleur, gros et arrondis, des bourgeons (yeux) à bois, plus petits, pointus et allongés. Cette coupe hivernale peut être complétée par des interventions d’été, mais ces dernières ne sont pas obligatoires.
  • Les arbres de plein vent : sur les formes de plein vent, qui n’ont pas besoin d’appui, la taille se résume à un élagage qui doit être effectué à intervalles réguliers, tous les cinq ans environ. Supprimez alors les branches qui encombrent la ramure, celles qui sont mortes, ainsi que celles dont la production décline. Les périodes favorables à ce type d’intervention sont les mêmes que pour la taille des formes palissées : de la chute des feuilles à la reprise de la végétation. Les arbustes fruitiers vigoureux et touffus exigeront une intervention annuelle (framboisiers) ou au moins tous les deux ans (groseilliers et cassissiers).
  • Les arbustes à fleurs : les arbustes à fleurs demandent une taille annuelle, au moins pour les débarrasser de leurs fleurs fanées. Sur les arbres ou arbustes à floraison printanière ou hivernale, les boutons à fleur se situent sur les rameaux produits l’année précédente, voire plus âgés. Attendez la fin de la floraison pour tailler, sinon vous élimineriez sans aucun doute de futures fleurs, ce qui serait bien dommage. Les arbustes à floraison estivale, eux, portent leurs boutons à fleur sur les rameaux jeunes produits depuis le printemps. Une taille effectuée juste avant la reprise de la végétation, en février-mars, stimule alors la croissance de nombreux jeunes rameaux et donc favorise une floraison généreuse.
  1. Rajeunir un arbre vieillissant ou négligé

Sur de vieux arbres, dont l’entretien a été négligé pendant plusieurs années, ou après des dégâts dus au vent ou au gel (destruction partielle ou totale de la ramure), vous pouvez effectuer une taille de restauration si la vitalité de l’arbre ou de l’arbuste touché vous semble suffisante et si l’espèce concernée tolère cette technique brutale, comme les arbres à fruits à pépins. Les branches principales, ou charpentières, sont alors coupées à leur base, près de leur point de naissance. On peut parfois être encore plus sévère : l’ensemble de l’arbre est taillé à 10 cm du sol : c’est le cas pour certaines espèces comme le figuier, le châtaignier, le lilas… Lorsque vous passez d’un arbre à un autre, prenez l’habitude de désinfecter les lames des outils avec un chiffon imbibé d’alcool à brûler por éviter la propagation d’éventuelles maladies.

2/ les outils et leurs bons usages

  1. Les indispensables

La serpette était autrefois le seul instrument de taille, mais son usage demande beaucoup de doigté. Elle est constituée d’un manche épais et d’une lame en forme de croissant, de 12 cm de longueur environ sur 2 cm de largeur. Utilisez la pour nettoyer les grosses plaies de taille, les rendre les plus lisses possible. Le sécateur bien entretenu, permet d’obtenir des plaies de taille nettes, gage d’une bonne santé de l’arbre ou de l’arbuste taillé. Il en existe deux types :

  • Le sécateur à enclume, muni d’une lame en D qui vient s’appuyer sur une enclume d’un métal moins dur en maintenant la branche fermement ; bannissez-le pour les travaux de taille car la coupe n’est jamais très nette.
  • Le sécateur à lame incurvée et convexe qui vient couper contre (et non sur) une contre-lame fixe. Il convient bien aux opérations de taille, car il assure une coupe bien nette. Pour votre confort, choisissez un sécateur que vous tenez bien en main, ni trop gros – les opérations de taille seraient douloureuses à la longue - , ni trop petit – vous ne pourriez couper que des branches de faible diamètre. Placez bien la branche à la base de la lame tranchante, à l’endroit où elle est maintenue le plus fermement.
  1. Pour les arbustes de grande stature

Vos bras ne sont pas assez longs pour couper les branches les plus hautes, et la forme en buisson ne vous permet pas d’appuyer une échelle contre l’arbuste à tailler. Voici deux accessoires qui vous seront alors bien utiles.

L’ébrancheur, sécateur de force ou sécateur à bras, vous permet sans trop forcer de couper des branches de fort diamètre, car ses longues poignées (60-80 cm) démultiplient votre force.

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L’échenilloir est en faite un sécateur fixé sur un long manche (3 à 4 m)que l’on actionne à distance à l’aide d’une cordelette.

 

  1. Des outils forts pour élaguer

Si vous avez des arbres de grande taille qui demandent un élagage régulier, vous compléterez votre panoplie par des outils plus forts. Pour venir à bout des grosses branches, vous aurez besoin d’une scie égoïne à lame assez étroite et légèrement arquée : elle se glisse mieux dans la ramure de l’arbre. Une scie d’élagueur à douille munie d’un long manche permet de scier des branches éloignées. Lorsque vous procédez à un élagage vraiment sévère, éliminant de très grosses branches, vous serez obligé d’avoir recours à un outil motorisé, la tronçonneuse.

 

  1. Pour tailler les haies

Le sécateur restera l’outil de coupe privilégié des haies dites strictes composées d’arbustes à grandes feuilles qui supportent mal d’être « hachées » par la taille.

La cisaille à main est l’outil traditionnel pour couper les haies « strictes » à feuillage fin ou petit. Elle est composée de deux lames longues reliées à deux poignées légèrement déportées pour éviter de se blesser lors de la taille. Elle permet un travail plus rapide qu’un sécateur à main. La coupe à la cisaille demande un peu d’entraînement. Les lames se placent parallèlement à la surface à couper. Actionnez la cisaille en rapprochant les lames l’une de l’autre à petits coups secs et en relevant légèrement leurs pointes lors de la fermeture, comme si la cisaille « rebondissait » sur la partie taillée. Un taille-haie à moteur allégera la tâche. Cet investissement se justifie pour des haies « strictes » de plusieurs mètres composées d’arbustes à petite feuilles à la croissance rapide.

 

  1. L’entretien des outils

La sève est acide et à tendance à faire rouiller les métaux les plus tenaces. Une fois la taille achevée, pensez à passer un chiffon huileux sur les lames des outils. Vous les protégerez ainsi de l’oxydation. Aiguiser régulièrement cisailles et sécateurs car le bois use vite le « fil » de vos lames.

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Date de dernière mise à jour : 24/08/2019